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Le président du gouvernement espagnol à Alger : symbole de la réconciliation entre l’Algérie et l’Espagne

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, est arrivé à Alger dans la matinée de lundi pour une visite de travail et d’amitié, marquant une étape majeure dans le réchauffement des relations entre l’Algérie et l’Espagne. Sánchez effectue son premier déplacement officiel en Algérie depuis 2020 et devient le premier dirigeant espagnol de ce rang à se rendre dans le pays depuis la crise diplomatique déclenchée en mars 2022.

À son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene, Pedro Sánchez a été accueilli par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, entouré du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, du conseiller diplomatique du président de la République, Amar Abba, ainsi que de l’ambassadeur d’Algérie en Espagne, Abdel Fattah Daghmoum. Après avoir passé en revue un détachement de la Garde républicaine qui lui a rendu les honneurs militaires, le chef du gouvernement espagnol s’est rendu au Sanctuaire du Martyr où il a déposé une gerbe de fleurs en hommage aux martyrs de la Guerre de libération nationale.

Pedro Sánchez a ensuite été reçu au siège de la Présidence de la République par le président Abdelmadjid Tebboune, qui lui a réservé un accueil officiel avant un entretien en tête-à-tête. Les deux dirigeants ont également posé pour une photo officielle devant les représentants de la presse nationale et internationale, donnant le coup d’envoi d’une journée de discussions consacrée au renforcement de la coopération bilatérale et à l’examen des grands dossiers régionaux et internationaux.

Cette visite intervient dans un contexte particulier. Elle survient au lendemain de la victoire de l’Espagne face à l’Argentine (1-0) en finale de la Coupe du monde 2026 disputée à New York, un succès qui a offert à la délégation espagnole un climat particulièrement favorable avant ce déplacement à Alger. Au-delà de cette coïncidence sportive, le voyage de Pedro Sánchez revêt surtout une forte portée politique, puisqu’il consacre le retour à la normale des relations entre Alger et Madrid après plusieurs années de tensions.

Les relations entre les deux pays avaient connu une rupture sans précédent en mars 2022, lorsque le gouvernement espagnol avait modifié sa position sur le dossier du Sahara occidental en apportant son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc. Ce revirement avait provoqué une vive réaction des autorités algériennes, qui avaient rappelé leur ambassadeur, suspendu le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé en 2002 et gelé une grande partie des échanges commerciaux avec l’Espagne.

Malgré cette crise diplomatique, les exportations de gaz naturel n’avaient pas été interrompues. L’Algérie, principal fournisseur de gaz de l’Espagne, avait continué à honorer ses engagements contractuels, soulignant la volonté des deux pays de préserver leurs intérêts énergétiques stratégiques malgré les divergences politiques.

À partir de la fin de l’année 2023, les deux capitales ont progressivement multiplié les gestes d’apaisement. Les contacts diplomatiques se sont intensifiés et plusieurs rencontres ministérielles ont permis de renouer le dialogue. En mars 2026, Alger a franchi une nouvelle étape en décidant de réactiver officiellement le Traité d’amitié, ouvrant ainsi la voie à une normalisation complète des relations bilatérales.

La visite de Pedro Sánchez apparaît ainsi comme l’aboutissement de ce processus de rapprochement. Selon les services du Premier ministre, ce déplacement s’inscrit dans « la volonté commune des dirigeants des deux pays de renforcer les relations de coopération entre l’Algérie et le Royaume d’Espagne et d’élargir les domaines de la collaboration bilatérale au service des intérêts communs ».

Les discussions entre les deux dirigeants devraient porter sur plusieurs secteurs stratégiques. Au-delà de la coopération énergétique, qui demeure un pilier des relations entre Alger et Madrid, les deux parties souhaitent développer leurs échanges dans les domaines de l’industrie, des infrastructures, des transports, de l’agriculture, de la transition énergétique et de la gestion des ressources hydriques.

Lors de l’ouverture de la 57e édition de la Foire internationale d’Alger, organisée en juin dernier avec l’Espagne comme invitée d’honneur, le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà appelé les opérateurs économiques des deux pays à franchir une nouvelle étape en privilégiant les projets de production conjointe plutôt que les simples échanges commerciaux. Il avait notamment mis en avant les perspectives de coopération dans la fabrication locale des équipements destinés aux stations de dessalement d’eau de mer, un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans la stratégie algérienne de sécurisation des ressources en eau.

Les deux gouvernements entendent également approfondir leur concertation sur les principaux dossiers régionaux et internationaux. Les questions liées à la sécurité en Méditerranée occidentale, à la situation au Sahel, aux flux migratoires, à la lutte contre le terrorisme ainsi qu’aux crises au Moyen-Orient devraient figurer parmi les sujets abordés au cours des entretiens.

Les autorités algériennes soulignent que cette visite traduit la volonté des deux pays de consolider un partenariat multidimensionnel fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et la défense d’intérêts communs. Elles rappellent que l’Algérie et l’Espagne sont liées par une longue tradition d’amitié, de bon voisinage et de dialogue, ainsi que par une convergence de vues sur plusieurs principes relatifs à la paix, à la sécurité régionale et au règlement pacifique des conflits.

Au cours des dernières années, malgré les tensions diplomatiques, les échanges économiques entre les deux pays ont conservé une certaine dynamique, notamment dans le secteur énergétique. Avec la normalisation progressive des relations politiques, Alger et Madrid souhaitent désormais élargir leur coopération à de nouveaux domaines et encourager les investissements croisés afin de donner une nouvelle impulsion à leur partenariat.

La visite de Pedro Sánchez constitue ainsi une étape symbolique et stratégique dans les relations entre les deux rives de la Méditerranée. Elle devrait permettre de tourner définitivement la page de la crise de 2022 et d’ouvrir un nouveau chapitre de coopération politique, économique et diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne, fondé sur un dialogue renforcé et une volonté commune de développer un partenariat durable au service des intérêts des deux pays.

Synthèse : Sid Ali

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