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Le pétrole confirme sa tendance : hausse résolue vers le seuil des 80 dollars

Le cours de l’or noir est en plein ascension à la faveur de la perspective de la reprise mondiale, de la prochaine réunion de l’Opep+ et des négociations sur le nucléaire iranien.

Après avoir longtemps oscillé de part et d’autre de la barre des 70 dollars, le pétrole semble amorcer une hausse résolue vers le seuil des 80 dollars. Certains pronostics prédisent même que le baril franchira aisément le cap des 100 dollars avant la fin de l’année.

Hier, le Brent de la mer du Nord pour livraison en août a fini à 76,18 dollars à Londres, gagnant 0,82% ou 62 cents par rapport à la veille. Cette cinquième hausse hebdomadaire consécutive est sa meilleure performance depuis octobre 2018. Elle s’explique en partie par la perspective de nouvelles décisions durant la prochaine réunion de l’Opep+ et par la poursuite des négociations sur le nucléaire iranien à Vienne la semaine prochaine alors que la république islamique vient d’élire un président ultraconservateur.

Dans tous les cas, selon certains spécialistes, l’or noir continuera à s’apprécier à la faveur de la reprise économique en Chine et aux Etats-Unis même si la crise sanitaire plane toujours sur le monde et risque d’entraver cette dynamique.

Si l’on se fie à de récentes déclarations de la Réserve fédérale américaine, les vents semblent toutefois favorables à l’accroissement de la demande sur le brut. La FED a, en effet, rehaussé ses prévisions de la croissance économique américaine à 7,0% en 2021, contre 6,5% estimé en mars. Mais, en guise de bémol, elle a inclus un mécanisme modérateur en concevant l’idée d’augmenter ses taux directeurs pour compenser les effets d’un démarrage trop rapide. Cette optique a provoqué la hausse du dollar et, en même temps, des corrections baissières pour les marchés financiers.

En face, l’Opep et ses alliés fourbissent leur stratégie pour garder le marché sous contrôle en ouvrant et en fermant les vannes en fonction de la conjoncture.

Reprise après un bouleversement historique

Dans un monde fortement ébranlé par le bouleversement historique de la pandémie du Covid-19, l’équilibre entre l’offre et la demande doit être, coûte que coûte, maintenu pour éviter un cataclysme comparable à celui des subprimes. D’ailleurs, cette dépression n’est pas définitivement close puisque ses répliques se font sentir jusqu’à aujourd’hui.

Echaudée par une série de contre-chocs et de crises, l’Opep a appris la prudence. Dès 1999, l’organisation a créé un échafaudage minutieux qui lui permet de réagir efficacement face aux changements de température du marché. Elle a même gagné à cette cause le Mexique, Oman, la Fédération de Russie et la Norvège.

Cette année-là, elle a décidé de retirer de la production, sans exciter la demande, 2,1 millions de barils par jour (dont 1,7 million pour les pays de l’OPEP), ce qui lui a permis de maintenir le prix au-dessus des 24 dollars le baril.

Douze mois plus tard, l’Opep a fixé l’amplitude de la fluctuation du prix du baril entre 22 et 28 dollars pour mettre en place autorégulation de de la production sans nécessairement réunir ses membres. L’idée était d’instaurer un panier de sept bruts mondiaux et d’en fixer le prix au-dessous de 22 dollars pendant dix jours ouvrés consécutifs. Après quoi, l’Opep avait la latitude de baisser sa production de 500.000 barils par jour.

Dans le cas contraire, si les cours dépassaient 28 dollars pendant vingt jours ouvrés consécutifs, c’était l’augmentation de la production qui était décidée.

Il fallait cependant inclure la variabilité du dollar qui agissait directement sur le prix. C’est la raison pour laquelle, la fourchette de 22-28 dollars est passée successivement à 25-32 dollars en 2003 puis 27-35 dollars en 2004. C’est toute cette mécanique qui va se mettre en branle la semaine prochaine à Vienne et qui déterminera si le pétrole continuera sa vigoureuse ascension ou optera plutôt une prudente montée au pas cadencé.

Pour rappel, l’alliance Opep+, également appelée «Groupe de Vienne», réunit 24 pays producteurs de pétrole. Le cercle contribue à la stabilité du marché pétrolier en rapprochant les intérêts des producteurs et des acheteurs.

Il est composé des 14 membres de l’Opep qui contrôlent 35% des approvisionnements mondiaux en pétrole et 82% des réserves prouvées, en plus de 10 autres pays dont la Russie, le Mexique et le Kazakhstan. Un apport qui a augmenté l’offre des producteurs alliés à 55% et ses réserves à 90%.

Mohamed Badaoui

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