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Décès du président Raïssi dans un accident d’hélicoptère : l’Iran décrète cinq jours de deuil national 

Le président iranien Ebrahim Raïssi est décédé dimanche à 63 ans dans le crash de son hélicoptère. Le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian était également à bord de l’appareil et a succombé. Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a désigné hier le vice-président Mohammad Mokhber comme président par intérim du pays, ajoutant que «l’élection d’un nouveau président (aura lieu) dans un délai maximum de 50 jours».

Ali Khamenei a également décrété cinq jours de deuil national pour rendre hommage au défunt. C’est le négociateur en chef iranien du dossier du nucléaire, Ali Bagheri – âgé de 56 ans et considéré comme un proche du Guide suprême –, qui a été nommé à titre provisoire à la tête de la diplomatie de l’Iran, en remplacement de Hossein Amir-Abdolahian.

Les débris de l’hélicoptère qui ramenait le président d’une inauguration de barrage en Azerbaïdjan avaient été repérés une quinzaine d’heures après la disparition de l’appareil dimanche, sur le flanc d’une montagne contre laquelle il s’est écrasé, selon une photo du lieu publiée par les médias. Les conditions météorologiques et un terrain difficile ont rendu les opérations de recherche et de secours, menées par 73 équipes, très compliquées. Dans l’attente mais presque sans plus d’espoir, l’ayatollah Ali Khamenei avait appelé les Iraniens à «prier» et «espérer que Dieu ramènera le président et ses compagnons dans les bras de la Nation». «Le peuple iranien ne devrait pas s’inquiéter, il n’y aura pas de perturbation dans l’administration du pays», avait-il assuré.

Elu président en 2021, Ebrahim Raïssi était considéré comme l’un des favoris pour succéder à l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 85 ans. «La nation iranienne a perdu un serviteur sincère et précieux», a dit le Guide suprême dans une déclaration. En soulignant que «ses ennuis dus à l’ingratitude et aux railleries de certains méchants ne l’empêchaient pas de travailler jour et nuit». Le gouvernement a rendu hommage au «président du peuple iranien, travailleur et infatigable» qui «a sacrifié sa vie pour la nation».

Raïssi, qui avait le titre d’ayatollah, présidait la République islamique depuis près de trois ans. Considéré comme un ultraconservateur, il a été élu le 18 juin 2021 dès le premier tour d’un scrutin marqué par une abstention record pour une présidentielle et l’absence de concurrents de poids. Toujours coiffé de son turban noir et vêtu d’un long manteau de religieux, il a succédé au modéré Hassan Rohani, qui l’avait battu à la présidentielle de 2017.

Ebrahim Raïssi est sorti renforcé des législatives qui se sont tenues en mars, premier scrutin national depuis le mouvement de contestation qui a secoué l’Iran fin 2022.

Né en novembre 1960, Ebrahim Raïssi a effectué l’essentiel de sa carrière dans le système judiciaire, en étant notamment procureur général de Téhéran puis procureur général du pays. Il figure sur la liste noire américaine des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour «complicité de graves violations des droits humains», des accusations balayées comme nulles et non avenues par les autorités de Téhéran.

Agé de 60 ans, Hossein Amir-Abdollahian avait lui été nommé à la tête de la diplomatie iranienne par Ebrahim Raïssi en juillet 2021.

Les réactions, hommages et condoléances affluent du monde entier. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a écrit sur X: «Je présente mes condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à tous les citoyens iraniens affectés.» Un message très proche de ceux qui ont été diffusés, officiellement ou à titre individuel, par les pays européens (France, Italie, Pologne, Grèce…), l’UE ou l’OTAN.

Le président russe Vladimir Poutine a été un des premiers à s’exprimer. «Ebrahim Raïssi était un politicien remarquable. (…) En tant que véritable ami de la Russie, il a apporté une contribution personnelle inestimable au développement des relations de bon voisinage entre nos pays et a déployé de grands efforts pour les amener au niveau du partenariat stratégique.»

Le président chinois Xi Jinping a lui aussi rendu hommage au disparu, estimant que cette «mort tragique est une grande perte pour le peuple iranien, et que le peuple chinois avait perdu un bon ami». C’est le président du Conseil européen Charles Michel qui a le premier pris la parole au nom des Vingt-Sept: «L’UE exprime ses sincères condoléances pour la mort du président Raïssi et du ministre des Affaires étrangères Abdollahian, ainsi que d’autres membres de leur délégation et de l’équipage dans un accident d’hélicoptère. Nos pensées vont à leurs familles.»

Les mouvements islamistes palestinien du Hamas et libanais du Hezbollah, de même que les rebelles Houthis au Yémen, ont tous fait part de leur tristesse de voir partir ce «protecteur des mouvements de résistance», considérant ce décès comme «une perte pour l’ensemble du monde islamique».

Turquie, Syrie, Jordanie, Irak, Egypte, tous ont témoigné leur solidarité et leur chagrin après avoir appris le décès.

R.I

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