Le tribunal de Dar El Beida a rendu ce dimanche, des jugements dans l’une des affaires les plus marquantes de l’été 2025 en Algérie, liée à la chute dramatique d’un bus de transport de passagers dans le lit de l’oued El Harrach à Alger. L’accident, survenu le 15 août 2025, avait coûté la vie à 18 personnes et blessé 23 autres.
Dans son verdict, la cour a condamné le propriétaire du bus, H. Rafik, à cinq ans de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars algériens pour usage d’un document falsifié, en l’occurrence le certificat de contrôle technique du véhicule.
Le conducteur, D. Hamza, et le contrôleur technique, B. Jalal, ont chacun écopé de quatre ans de prison ferme et d’une amende, le conducteur étant en outre privé de son permis pour quatre ans. Le conducteur a été reconnu coupable d’homicide involontaire par véhicule collectif et de mise en danger de la vie d’autrui. Le contrôleur technique a été condamné pour avoir délivré un certificat mensonger et pour mise en danger volontaire de la sécurité des passagers, avec la fermeture de son entreprise et l’interdiction d’exercer sa profession pour deux ans.
Le receveur du bus, H. Nourredine, a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, et à une amende de 500 000 dinars pour manquement aux règles de sécurité lors du transport des passagers.
La cour a ordonné que tous les accusés versent solidairement des indemnités aux familles des victimes : 100 000 dinars pour le préjudice matériel et de 30 000 à 60 000 dinars pour le préjudice moral. Un expert a été nommé pour évaluer les dommages subis par les blessés.
L’enquête a révélé de nombreuses négligences : le bus circulait malgré une interdiction administrative récente, le nombre de passagers dépassait la capacité légale, et des défaillances mécaniques graves affectaient le système de direction, les freins et les roues, identifiées par l’Institut national de criminologie et de médecine légale comme causes directes de la perte de contrôle.
Lors du procès, le conducteur a admis n’avoir pas conduit depuis quatre ans et avoir pris le volant à la demande du propriétaire. Le bus aurait heurté une fosse sur le pont, entraînant la rupture de la roue avant et la défaillance des freins. Le propriétaire a nié toute responsabilité et affirmé avoir entretenu le véhicule avant l’accident. Le receveur, lui, a nié toute surcharge, mais la cour a pris en compte les témoignages confirmant que l’ouverture des portes en circulation avait aggravé le bilan humain.
R.N
LA NATION Quotidien National D'information