Dans un contexte diplomatique tendu marqué par l’impasse des négociations entre Téhéran et Washington, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a poursuivi sa tournée internationale en se rendant en Russie. Cette visite intervient après l’annulation d’un second cycle de discussions prévu avec les États-Unis à Islamabad.
Lundi, à Saint-Pétersbourg, Araghchi a été reçu par le président russe Vladimir Putin, dans un climat marqué par l’examen d’une nouvelle proposition iranienne. Celle-ci mettrait l’accent sur la réouverture du détroit d’Ormuz, tout en reportant à une phase ultérieure les discussions sur le programme nucléaire.
Au cours de leur entretien, Vladimir Poutine a réaffirmé la volonté de Moscou de maintenir et renforcer ses relations stratégiques avec Téhéran. Le président russe a révélé avoir reçu, la semaine précédente, une lettre du guide suprême iranien Ali Khamenei, exprimant sa gratitude et ses salutations à son égard. Il a également salué « le courage et l’héroïsme du peuple iranien dans la défense de sa souveraineté », tout en exprimant l’espoir d’un retour à la stabilité et à la paix en Iran.
De son côté, Abbas Araghchi, porteur du message du guide suprême, a remercié Moscou pour son soutien, soulignant le caractère « solide et durable » du partenariat stratégique entre les deux pays. Il a précisé que sa visite visait à coordonner les positions avec la Russie concernant les évolutions du conflit et la situation régionale.
Cette étape russe s’inscrit dans une intense activité diplomatique du chef de la diplomatie iranienne. Après un passage à Islamabad, où il a rencontré notamment le chef de l’armée pakistanaise et le Premier ministre Shehbaz Sharif, Araghchi s’est rendu à Oman. À Mascate, il s’est entretenu avec le sultan Haitham bin Tariq sur les moyens de garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, qualifiée de « question d’importance mondiale ». Il a également échangé avec le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan.
Parallèlement, les négociations entre l’Iran et les États-Unis restent au point mort. Téhéran accuse Washington d’avoir formulé des « exigences excessives » ayant conduit à l’échec du dernier cycle de discussions, malgré des avancées initiales. Dans ce contexte, des messages écrits auraient été transmis à la partie américaine via le Pakistan, portant notamment sur les « lignes rouges » iraniennes, dont le dossier nucléaire et le détroit d’Ormuz.
Selon des sources relayées par le média américain Axios, l’Iran aurait proposé un nouveau plan aux États-Unis : rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin aux hostilités, avant d’aborder ultérieurement la question nucléaire. Une initiative qui, selon plusieurs observateurs, pourrait se heurter aux exigences de Washington, soutenues par le président Donald Trump, en faveur d’un accord global incluant l’arrêt du programme nucléaire iranien.
Dans ce contexte, Donald Trump a récemment annulé une visite prévue au Pakistan impliquant son gendre et son émissaire spécial, tout en laissant la porte ouverte à un dialogue direct avec Téhéran.
Enfin, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir lundi soir à New York pour examiner la question cruciale de la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz liquéfié. Sa fermeture éventuelle continue d’alimenter de vives inquiétudes à l’échelle internationale.
R.S
LA NATION Quotidien National D'information