Les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont fortement diminué au troisième trimestre 2026, reculant de 27 % sur un an pour s’établir à 1,57 million de tonnes, contre 2,14 millions durant la même période de 2025. Il s’agit de leur plus faible niveau trimestriel depuis 2013, selon l’unité de recherche Energy Research Unit.
La baisse est encore plus marquée par rapport au trimestre précédent. Entre avril et juin, l’Algérie avait exporté 2,41 millions de tonnes de GNL. Le volume a ainsi chuté de 35 % au troisième trimestre, soit une diminution de 840 000 tonnes.
Sur les neuf premiers mois de 2026, les exportations ont atteint 6,02 millions de tonnes, contre 6,92 millions un an auparavant, enregistrant une contraction de 13 %. Après un pic de plus d’un million de tonnes en mai, leur plus haut niveau depuis octobre 2025, les volumes ont diminué en juin, juillet et août, avant de connaître une légère reprise en septembre.
Selon Ahmed Chouaki, directeur de l’Energy Research Unit, trois facteurs expliquent principalement cette évolution : la réduction des quantités de gaz alimentant les unités de liquéfaction, la hausse exceptionnelle de la consommation destinée à la production d’électricité durant l’été et les travaux de maintenance programmés en août au complexe de liquéfaction d’Arzew.
Le responsable souligne que la progression de la demande intérieure absorbe une partie des gains éventuels de la production gazière. Les besoins du secteur électrique ont notamment atteint des niveaux sans précédent en juillet et en août, limitant les volumes disponibles pour l’exportation.
Les livraisons par gazoduc vers l’Europe n’ont pas permis de compenser significativement ce recul. Elles se sont établies à 78 millions de mètres cubes par jour au troisième trimestre, contre 77 millions durant la même période de 2025, avec des fluctuations des approvisionnements vers l’Espagne.
Pour Ahmed Chouaki, le renforcement de la recherche et de l’exploration doit donc s’accompagner d’une maîtrise de la consommation intérieure. Le gaz représentant 99 % du mix électrique, le développement de l’énergie solaire constitue, selon lui, l’un des leviers mobilisés par les pouvoirs publics pour réduire cette dépendance.
Sur le plan commercial, la Turquie est restée le premier client du GNL algérien au troisième trimestre, absorbant 45 % des volumes exportés, soit 700 000 tonnes, en hausse de 11 % sur un an. La France arrive ensuite avec 390 000 tonnes, en baisse de 25 %, suivie de l’Italie, dont les achats ont chuté de 57 %, à 200 000 tonnes.
À l’inverse, les exportations vers la Croatie ont progressé de 117 %, atteignant 130 000 tonnes. Les autres destinations ont reçu 150 000 tonnes, dont une cargaison de 60 000 tonnes chacune pour l’Espagne et le Royaume-Uni.
Mehdi B.
LA NATION Quotidien National D'information