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Le CLA, le SATEF et des partis politiques dénoncent : la dissolution du CNAPESTE ravive le débat sur les libertés syndicales

La décision de la dissolution du Conseil national autonome des enseignants des trois cycles de l’éducation (CNAPESTE) avec exécution immédiate, a suscité de vives réactions dans les milieux syndicaux et politiques. Plusieurs organisations dénoncent une décision sans précédent dans l’histoire du syndicalisme algérien.

Les syndicats du secteur de l’éducation ont été les premiers à réagir. Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a qualifié la dissolution du CNAPESTE de décision « grave et inacceptable», estimant qu’elle remet en cause l’un des principaux acquis du mouvement syndical.

Dans une déclaration au quotidien El Hourria, le secrétaire national du CLA, Fawaz Madkour, a affirmé que ce jugement traduit une volonté de restreindre l’action syndicale indépendante et a appelé au respect des droits constitutionnels garantissant la liberté syndicale.

De son côté, le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) a estimé que cette évolution était prévisible depuis l’entrée en vigueur des nouvelles lois encadrant l’activité syndicale, notamment les lois 23-02 et 23-08. Selon le syndicat, les restrictions pesant sur l’action syndicale se sont accentuées depuis leur application.

Le secrétaire national du SATEF, Boualem Amoura, a indiqué que l’affaire relève désormais de la justice et que le droit d’appel est garanti. Il a toutefois estimé que le contexte actuel témoigne d’un rétrécissement de l’espace accordé au syndicalisme indépendant.

Les réactions ne se sont pas limitées aux organisations syndicales. Le Parti des travailleurs (PT) a déclaré avoir appris la dissolution du CNAPESTE « avec une profonde stupéfaction », jugeant que cette décision constitue un développement préoccupant qui porte atteinte aux fondements de la démocratie et au droit des travailleurs à s’organiser librement en syndicats.

Le parti a exprimé sa solidarité avec le CNAPESTE et a appelé le président de la République à intervenir afin de préserver les libertés syndicales.

Le Front des forces socialistes (FFS) a également condamné cette décision, la qualifiant de «grave dérive autoritaire » et de précédent dangereux pour les libertés syndicales. Selon le parti, le recours à la justice pour dissoudre une organisation syndicale traduit le remplacement du dialogue social par une approche sécuritaire et judiciaire.

Le FFS met en garde contre les conséquences qu’aurait l’affaiblissement des corps intermédiaires et la criminalisation de l’action syndicale sur la confiance entre la société et les institutions de l’État.

Le parti a réaffirmé son soutien aux dirigeants et aux adhérents du CNAPESTE, tout en appelant les autorités à reconsidérer la décision de dissolution et à privilégier le dialogue pour résoudre les différends sociaux et syndicaux.

Am.B

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