L’Algérie devrait commencer à exporter ses premières cargaisons de pétrole vers l’Égypte dans les prochains mois, conformément à l’accord signé récemment entre les deux pays.
L’Égypte avait signé, le 5 mai 2026, un protocole d’accord pour l’achat de brut algérien afin de couvrir une partie de sa demande intérieure et de renforcer la flexibilité de son système d’approvisionnement, notamment après la crise provoquée par la guerre américano-sioniste contre l’Iran et les perturbations des approvisionnements qui en ont résulté à la suite de la fermeture du détroit d’Ormuz.
Selon des rapports publiés par la plateforme spécialisée dans l’énergie « Taqa », basée à Washington, des sources algériennes qualifiées « d’informées » ont indiqué que « les consultations entre les deux parties se poursuivront dans les prochaines semaines afin de finaliser les clauses de ce premier accord du genre, en vue de commencer les exportations au cours du troisième ou du quatrième trimestre de cette année ».
D’après ces mêmes sources, l’accord pourrait prévoir « la fourniture de 1,5 à 2 millions de barils de pétrole par mois, répartis sur deux cargaisons ».
Il est connu que l’Égypte, premier consommateur de pétrole en Afrique, n’était pas un client de l’Algérie dans ce domaine et figurait rarement parmi les pays africains importateurs de pétrole algérien. Depuis 2013, ses achats se sont limités à quatre cargaisons : 54 000 barils en novembre 2017, 55 000 barils en janvier 2018, 306 000 barils en avril 2020 et 57 000 barils en février 2021.
Avant ce protocole d’accord portant sur l’achat de brut algérien, l’Égypte avait récemment eu recours à l’importation de brut libyen pour satisfaire sa demande.
Malgré la domination européenne sur les exportations de brut algérien, six pays africains ont importé du pétrole algérien depuis 2013. Le Maroc arrivait en tête avec plus de 26 cargaisons avant la rupture des relations entre les deux pays. Le Maroc importait principalement des produits pétroliers algériens (diesel et essence), surtout après la fermeture de la raffinerie «Samir», la seule du pays. Les importations ont atteint leur pic en 2020 avec 3,3 millions de barils par an.
La Libye, quant à elle, a historiquement importé 12 cargaisons de produits pétroliers tels que l’essence, le naphta et le diesel rouge. La dernière cargaison était une livraison d’essence de 32 000 barils en avril dernier.
La Tunisie figure également parmi les pays africains importateurs de pétrole algérien, mais en quantités modestes (11 cargaisons) depuis 2013. Le volume annuel le plus élevé a été enregistré en 2020 avec seulement 822 000 barils. La cargaison la plus récente importée par la Tunisie date de juillet 2025, avec environ 25 000 barils.
Contrairement à la plupart des pays africains qui importent surtout des produits pétroliers, l’Afrique du Sud achète du pétrole brut algérien (4 cargaisons). Sa dernière importation remonte à avril dernier avec environ 35 000 barils par jour, après une cargaison du même volume en septembre 2025.
Le Nigeria figure également parmi les pays africains ayant historiquement importé du pétrole algérien, avec seulement trois cargaisons depuis 2013. La dernière concernait des importations d’environ 44 000 barils par jour de brut et de produits pétroliers en mars 2025.
Mahdi B.
LA NATION Quotidien National D'information