Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu samedi à Alger la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, dans le cadre d’une nouvelle tentative de rapprochement entre l’Algérie et la France après plusieurs mois de tensions diplomatiques.
Lors de cette rencontre, la responsable française a remis au chef de l’État algérien une lettre du président Emmanuel Macron portant sur la relance des relations bilatérales et le renforcement du dialogue entre les deux pays.
À l’issue de l’entretien, Alice Rufo a annoncé que Abdelmadjid Tebboune avait donné son accord pour la reprise des travaux de la commission mixte d’historiens algéro-française consacrée aux questions mémorielles. Les activités de cette commission avaient été suspendues après la crise diplomatique survenue entre Alger et Paris à l’été 2024.
La ministre française a également indiqué que plusieurs dossiers sensibles avaient été abordés avec le président algérien, notamment la coopération sécuritaire, les questions migratoires ainsi que la coopération judiciaire. Elle a révélé, notamment, que le président Tebboune a donné son accord pour la relance de la commission sur la mémoire. Alice Rufo a souligné l’importance particulière accordée par les autorités algériennes à ces sujets, tout en affirmant qu’une volonté commune existait pour instaurer un climat plus apaisé et constructif dans les mois à venir.
Cette visite s’inscrit dans la continuité du réchauffement progressif des relations entre les deux capitales, amorcées notamment après le déplacement à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en février dernier.
Accompagnée de l’ambassadeur de France en Algérie, Alice Rufo s’est également rendue à Sétif pour assister aux cérémonies commémoratives des massacres du 8 mai 1945. Dans un geste symbolique inédit, la présidence française a qualifié ces événements d’« événements tragiques », marquant une évolution notable dans le discours officiel français sur cette page sensible de l’histoire coloniale.
Selon l’Élysée, cette mission reflète la volonté du président Emmanuel Macron d’aborder les relations franco-algériennes « avec honnêteté et dans le respect de toutes les mémoires ». Paris souhaite également poursuivre les discussions avec Alger sur les prochaines étapes destinées à consolider la coopération bilatérale.
La présidence française a enfin mis en avant la satisfaction d’Emmanuel Macron concernant la reprise de la coopération consulaire entre les deux pays, tout en exprimant son souhait de renforcer davantage le dialogue dans un cadre respectueux des intérêts mutuels.
Ab.N
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