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Mali : le ministre de la Défense tué dans une vague d’attaques

Le Mali est confronté à une nouvelle flambée de violences d’une ampleur inédite, marquée par la mort du ministre de la Défense et la multiplication d’attaques coordonnées à travers le pays. Selon plusieurs sources concordantes, dont des médias internationaux, le ministre Sadio Camara a été tué samedi 25 avril dans une attaque au camion piégé visant son domicile à Kati, près de Bamako.

L’attaque, attribuée à des groupes jihadistes, a également fait plusieurs victimes parmi ses proches et son entourage. Grièvement blessé et évacué en urgence, le ministre n’avait plus donné signe de vie avant que sa mort ne soit confirmée dimanche. Cet événement marque un tournant dans la crise sécuritaire que traverse le pays.

Ces attaques s’inscrivent dans une offensive coordonnée revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, en collaboration avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement séparatiste touareg. Les assauts ont visé plusieurs positions stratégiques de la junte au pouvoir, notamment dans le nord et le centre du pays.

Parmi les principales cibles figurent les villes de Kidal, Gao, Sévaré, Mopti et Kati, ainsi que la périphérie de la capitale Bamako. À Kidal, bastion historique des groupes armés, les combats ont repris intensément dimanche entre la rébellion touareg, soutenue par des jihadistes, et l’armée malienne appuyée par des éléments russes du groupe Africa Corps.

Le FLA affirme avoir pris le contrôle de la ville après de violents affrontements et assure vouloir déloger les derniers combattants russes retranchés dans un camp militaire. Des sources locales confirment une reprise des combats dès les premières heures de la journée.

Parallèlement, la situation s’est également dégradée à Kati, fief de la junte au pouvoir depuis 2020. Des habitants rapportent des combats intenses dans plusieurs quartiers, avec des échanges de tirs nourris et l’intervention de l’aviation militaire. Les jihadistes auraient progressé jusqu’aux hauteurs surplombant la ville, accentuant la pression sur les forces gouvernementales.

Le chef de la junte, Assimi Goïta, a été évacué de sa résidence à Kati après une attaque visant le site. Depuis, il ne s’est pas exprimé publiquement, alimentant les interrogations sur l’évolution de la situation politique et sécuritaire.

Face à cette escalade, la communauté internationale s’inquiète. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné avec fermeté ces attaques et appelé à une réponse internationale coordonnée pour faire face à la menace croissante du terrorisme au Sahel. Il a également insisté sur la nécessité de répondre aux besoins humanitaires urgents générés par cette nouvelle crise.

Cette offensive simultanée dans plusieurs régions illustre la capacité des groupes armés à frapper au cœur du dispositif sécuritaire malien. Elle met en lumière la fragilité persistante de l’État face à une insécurité chronique, malgré le soutien de partenaires militaires étrangers.

Alors que les combats se poursuivent à Kidal et Kati, l’avenir sécuritaire du Mali apparaît plus incertain que jamais, avec le risque d’un élargissement du conflit et d’une déstabilisation accrue de l’ensemble de la région sahélienne.

R.I

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