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Pourparlers : le chef de la diplomatie iranienne mandaté pour négocier avec Washington

Abbas Araghchi devrait représenter Téhéran face Steve Witkoff, l’émissaire américain de Donald Trump. Les discussions doivent porter sur la fin nucléaire iranien à des fins militaires et la levée des sanctions.

Une date, un ordre du jour et des émissaires. Le président iranien Masoud Pezeshkian a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, pour des négociations directes avec les Etats-Unis. «J’ai demandé à mon ministre des Affaires étrangères, à condition qu’existe un environnement approprié, sans menaces ni demandes déraisonnables, de mener des négociations équitables […] dans le cadre de nos intérêts nationaux», a-t-il indiqué sur X.

Ces discussions entre les Etats-Unis et l’Iran sont susceptibles de se tenir en Turquie le 6 février, a indiqué plus tôt mardi une source arabe informée du dossier à l’AFP. Le site américain Axios et l’agence iranienne Tasnim avaient déjà indiqué qu’Abbas Araghchi était pressenti pour représenter Téhéran, face selon ces sources à Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump.

La pression s’accentue depuis début janvier sur Téhéran, après la répression dans le sang d’un vaste mouvement de contestation de la République islamique en place depuis 1979, déclenché au départ par des manifestations contre le coût de la vie. Après avoir fait planer la menace d’une intervention militaire et envoyé une dizaine de navires dans le Golfe, le président américain a dit dimanche espérer «trouver un accord» avec l’Iran. Des consultations ont eu lieu avec l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie et la Jordanie.

Les pays occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément. Des négociations entre les deux pays ennemis s’étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l’enrichissement d’uranium.

Les Etats-Unis demandaient que l’Iran y renonce totalement, ce à quoi Téhéran se refuse, défendant ce qu’il dit être son droit à disposer d’une filière nucléaire civile en vertu du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.

«Le président Trump dit «pas d’armes nucléaires» et nous sommes tout à fait d’accord avec ce point. […] Bien sûr, en contrepartie, nous attendons une levée des sanctions. Cet accord est donc possible. Ne parlons pas de choses impossibles», a insisté dimanche sur CNN Abbas Araghchi, dont le pays a aussi exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.

La République islamique avait conclu en 2015 un accord encadrant strictement ses activités nucléaires, mais celui-ci était devenu caduc après un retrait unilatéral américain ordonné par Donald Trump lors de son premier mandat en 2018.

R.I

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