Les syndicats du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) et du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) estiment que les résultats du baccalauréat, session de juin 2026, ne doivent pas être appréciés à la seule lumière du taux national de réussite, qui s’est établi à 56,18 %, en hausse de 4,61 points par rapport à la session 2025. Pour les deux organisations, une évaluation pertinente de ces résultats doit s’appuyer sur l’ensemble des indicateurs pédagogiques et académiques.
Le CLA attribue cette progression à la nature des sujets proposés, jugés accessibles aux élèves de niveau moyen et davantage axés sur la compréhension et l’analyse. De son côté, le SATEF estime que d’autres facteurs, notamment les modalités de correction des copies, ont également influencé les résultats. Le syndicat plaide ainsi pour une réforme globale de l’organisation de l’examen du baccalauréat.
Dans une déclaration au quotidien El Hourria, le secrétaire national du CLA, Fawaz Madkour, a indiqué que l’amélioration du taux de réussite était prévisible au regard de la nature des épreuves. Selon lui, les candidats ont favorablement accueilli des sujets privilégiant les capacités de compréhension et d’analyse plutôt que la simple restitution des connaissances, ce qui a rendu l’examen accessible à un élève de niveau moyen.
Il a toutefois insisté sur le fait que le niveau réel des élèves ne saurait être évalué uniquement à travers les moyennes obtenues ou les taux de réussite. Pour lui, les véritables critères demeurent les acquis scientifiques, le profil de sortie des élèves et leur capacité à poursuivre avec succès des études supérieures. Il estime que l’évaluation de la qualité de l’enseignement reste une question complexe qui nécessite des études scientifiques approfondies afin d’identifier les insuffisances et de proposer des solutions adaptées.
Pour sa part, le secrétaire national du SATEF, Boualem Amoura, considère que le taux de réussite ne constitue pas un indicateur suffisant pour apprécier l’état du système éducatif. Il estime qu’une révision en profondeur de l’examen du baccalauréat s’impose, tant au niveau de la conception des sujets que des coefficients des matières et de l’organisation générale de l’épreuve.
Toujours dans une déclaration au quotidien El Hourria, il a affirmé que la hausse du taux de réussite s’explique également par une certaine souplesse dans la correction des copies et dans l’attribution des notes. Selon lui, la réussite du système éducatif ne doit pas être mesurée uniquement à travers les statistiques, mais à travers la capacité du baccalauréat à refléter fidèlement le niveau réel des élèves.
Boualem Amoura a ajouté que les résultats enregistrés en filière Mathématiques étaient conformes aux attentes, compte tenu de la spécificité de cette spécialité. En revanche, il estime que la filière Sciences expérimentales nécessite une révision de ses coefficients, qu’il juge peu cohérents avec les objectifs de formation. Il a également critiqué la filière Gestion et économie, dans laquelle les candidats sont évalués dans onze matières, une situation qu’il qualifie d’« inacceptable ».
Le SATEF a enfin renouvelé son appel à une refonte de l’organisation du baccalauréat. Le syndicat rappelle avoir soumis, avec d’autres partenaires sociaux, des propositions de réforme dès 2015 et 2016, sans qu’elles ne soient mises en œuvre. Pour lui, l’augmentation du taux de réussite ne peut, à elle seule, être considérée comme un signe d’amélioration de la qualité de l’enseignement. Une analyse approfondie des résultats et un dialogue entre les différents acteurs du secteur demeurent, selon le syndicat, indispensables pour concevoir un baccalauréat reflétant réellement le niveau des élèves et de l’école algérienne.
Am.B
LA NATION Quotidien National D'information