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Un secteur en plein expansion : L’industrie pharmaceutique algérienne voit grand

Le marché algérien du médicament est le deuxième en Afrique. Une raison qui a poussé plusieurs groupes pharmaceutiques à installer des usines dans le pays qui peut aussi devenir une plateforme d’exportation vers le continent. Mais le secteur souffre encore d’un manque de réglementation et d’organisation.

Le secteur pharmaceutique algérien pèse près de 4 milliards de dollars américain et connaît une croissance annuelle qui frôle les 10% depuis une quinzaine d’années. Il se place ainsi au deuxième rang sur le continent africain après l’Afrique du Sud qu’il risque bientôt de dépasser si le dynamisme qui l’anime se poursuit. Sa taille s’explique par le poids démographique de la population algérienne qui a été multiplié par quatre en 50 ans ainsi que par l’augmentation des maladies chroniques associées à la modification de son mode de vie, notamment le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et les cancers.

Les ventes des médicaments sont, d’autre part, encouragées par la gratuité des soins dans les établissements publics et par une couverture sociale quasi universelle qui permet le remboursement des traitements. L’assurance-maladie algérienne qui s’est dotée, en 2007, de la carte à puce individuelle Chifa n’oblige le patient de s’acquitter que d’environ 20 % de l’ensemble des dépenses de santé en Algérie, alors qu’en Tunisie sa part est de 40% et de 54% au Maroc.

Cet environnement favorable a encouragé les entreprises du domaine à installer plus de 130 usines tandis que la demande de création d’unités de production est en constante augmentation. Ce tissu a considérablement réduit les importations, interdites d’ailleurs pour les produits fabriqués localement. Cela dit, certains médicaments sont périodiquement en rupture de stock ce qui contraint les malades à se les procurer à l’étranger. Toutefois, l’Algérie n’est pas loin de l’autosuffisance et se prépare à devenir un exportateur, au moins dans un premier temps, vers l’Afrique.

La crise du Covid-19 qui sévit actuellement dans toute la planète a convaincu les responsables de tous les pays d’assurer leur sécurité sanitaire.

On se rappelle que des pays comme la France qui possède un des géants de la pharmacie mondiale a eu le plus grand mal pour se procurer, au début de la pandémie, des masques et des tests de dépistage. La course aux vaccins contre le coronavirus et la concurrence internationale pour s’en approvisionner va laisser des traces pour longtemps.

Le marché est donc porteur. Et même s’il est dominé par des multinationales puissantes et particulièrement voraces, il existe encore des niches pour de petits producteurs.

De toute façon, «Big Pharma» comme la surnomme la vox populi est très présente en Algérie, directement ou en partenariat avec des opérateurs nationaux. Elle y réalise des chiffres d’affaires juteux. Il suffit de convaincre les majors de cette industrie de faire évoluer leurs structures locales pour en faire des rampes de lancement pour l’exportation de ces produits qui nécessite le transfert d’une technologie de pointe.

Mohamed Badaoui

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