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Un secteur au potentiel prometteur selon les responsables : la relance de l’économie nationale par le recyclage des ordures

L’Algérie souffre d’un grand déficit en matière d’hygiène publique. Pourtant les textes qui régulent le secteur existent mais souffrent d’un manque d’application. Même avec un partenariat  international, l’Algérie a du mal à mettre un terme à cette situation.  

13 millions de tonnes de déchets ménagers, dont 32% de produits d’emballage, ont été jetés par les Algériens en 2020, selon une estimation de Karim Ouamane, directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND).

Ces quantités, faute de recyclage et même de bennes en nombre suffisant, finissent souvent dans la nature. Pour cette raison, la plupart des rues du pays, les abords des routes, les forêts, les cours d’eau et la mer deviennent de décharges à ciel ouvert.

Pourtant, sur le papier, les atteintes à l’environnement sont punissables par la loi. Mais dans la réalité, chacun fait ce qu’il veut pendant que les autorités semblent regarder ailleurs. On ne compte plus les décharges sauvages et les dépotoirs improvisés, les sachets en nylon, les emballages en toute matière qui colonisent l’ensemble du territoire alors que dans d’autres pays le principe du « rien ne se perd, tout se transforme » dynamise un secteur économique florissant.

Toutefois, mieux vaut tard que jamais, le DG de l’AND a récemment annoncé qu’il existait un « intérêt croissant » pour le recyclage et que cette activité peut même « conduire à l’émergence d’un marché national de déchets » ce qui permettra, dit-il avec enthousiasme « la relance de l’économie nationale ». Ni plus ni moins.

Un coup d’œil sur la littérature de l’agence donne, en effet, motif à espérer. L’AND qui a été créée en mai 2002 (il y a donc 19 ans) s’est donnée pour mission « d’informer et de vulgariser les techniques de tri, de collecte, de transport, de traitement, de valorisation et d’élimination des déchets ». Elle est également chargée de « capitaliser et constituer un fonds documentaire sur la gestion des déchets et en assurer la diffusion aux collectivités locales et au secteur d’activités ».

Elle fournit d’autre part « l’assistance aux collectivités locales dans le domaine de la gestion des déchets » et traite les informations les concernant. Son travail inclut aussi une banque nationale de données sur le thème et l’initiative de « réaliser ou contribuer à la réalisation d’études, recherches et projets de démonstration ». L’AND gère, enfin, « le Système public de reprise et de valorisation des déchets d’emballages ». Tout un programme dont les traces sur le terrain sont quasi invisibles, au regard des ordures qui s’entassent partout dans le pays.

Néanmoins, rassurez-vous, il existe une « Stratégie nationale environnementale » et un « Plan national d’actions environnementales et du développement durable » qui datent, eux aussi, de 20 ans. Mais, comme pour toutes les règlementations, ils accusent un déficit d’application.

Tel que décrit officiellement, le « Programme national de gestion des déchets solides municipaux (Progdem)»  qui en découle constitue « une démarche pragmatique pour améliorer la gestion des déchets ménagers », selon l’AND. Le mécanisme, nous dit-on, a été initié par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement pour « éradiquer les pratiques de décharges sauvages, organiser la collecte, le transport et l’élimination des déchets solides municipaux dans des conditions garantissant la protection de l’environnement et la préservation de l’hygiène du milieu par notamment la réalisation, l’aménagement et l’équipement de centres d’enfouissement technique dans l’ensemble des wilayas ».

Le « Plan national de gestion des déchets spéciaux (Pnagdes) » est, quant à lui, « un outil de gestion, de planification et d’aide à la décision qui, partant de l’état actuel de la situation en matière de gestion des déchets spéciaux dégage des solutions diverses et adaptées pour le traitement de ce type de déchets ». Le Pnagdes « est établi pour une période de dix années, il est révisé chaque fois que les circonstances l’exigent, sur proposition du ministre chargé de l’environnement ou à la demande de la majorité des membres de la commission chargée de son élaboration ».

Le Pnagdes a été mis en place sur la base du cadastre national qui découle de l’inventaire national des déchets spéciaux. Ce dernier, véritable outil de connaissance et de suivi de l’évolution de la production des déchets spéciaux, sert de base à l’élaboration du Pnagdes .

L’AND a même institué « La bourse des déchets » qui est un « service de consultation et de publication d’annonces d’offres et de demandes des déchets » mis à la disposition des opérateurs qui activent dans le domaine.

Tout va donc bien et dans le meilleur des mondes. Question : pourquoi le pays est-il dans un tel état de saleté ? Mystère et boule de gomme.

Mohamed Badaoui

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