L’armée israélienne a étendu son contrôle à 59 % de la superficie de la bande de Gaza et se prépare à une éventuelle reprise de la guerre d’extermination contre les Palestiniens.
Le 7 octobre 2023, Israël a lancé une guerre qualifiée de génocide à Gaza, qui a duré deux ans et a fait plus de 72 000 morts et plus de 172 000 blessés palestiniens, dont la majorité sont des enfants et des femmes.
La radio de l’armée a déclaré dimanche : « De hauts responsables de l’état-major général font pression pour reprendre les combats dans la bande de Gaza et estiment que le meilleur moment pour vaincre le Hamas est maintenant ».
Elle a ajouté qu’ « Israël a mis fin à la guerre à Gaza en octobre, soit il y a plus de six mois, sans vaincre ni démanteler le Hamas ».
Malgré l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre dernier, Israël poursuit ses opérations, avec un blocus continu et des bombardements quotidiens ayant causé la mort de 828 Palestiniens et blessé 2 342 autres, pour la plupart des enfants et des femmes, en plus de destructions matérielles importantes.
Israël empêche également l’entrée des quantités convenues de denrées alimentaires, de médicaments, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de logements préfabriqués dans la bande de Gaza, où environ 2,4 millions de Palestiniens — dont 1,5 million de déplacés — vivent dans des conditions catastrophiques.
La radio a affirmé que « depuis le début du cessez-le-feu, le Hamas a renforcé son contrôle sur Gaza et continue de produire des armes, des roquettes, des engins explosifs et des missiles antichars ».R de la région sud (chargé de Gaza) a finalisé ses plans opérationnels et est prêt à reprendre les combats si une décision politique est prise ».
Enfin, elle a précisé que l’armée a entrepris ces dernières semaines deux actions à Gaza : intensifier ses attaques et étendre la « ligne jaune » vers l’ouest.
Elle a expliqué qu’au début du cessez-le-feu, Israël contrôlait 53 % du territoire de la bande de Gaza, tandis qu’aujourd’hui, après l’extension progressive de cette ligne vers l’ouest, ce contrôle atteint environ 59 %.
Dans une déclaration samedi, le responsable du Hamas Bassem Naïm a indiqué qu’Israël avait étendu la « ligne jaune » vers les zones occidentales, ajoutant entre 8 % et 9 % supplémentaires, portant ainsi la superficie totale contrôlée à plus de 60 %.
Hamas se réunit avec les médiateurs
Sur le plan politique, une délégation dirigeante du mouvement de résistance islamique Hamas est arrivée dans la capitale égyptienne, Le Caire, sous la présidence de Khalil al-Hayya, afin de tenir une série de réunions avec les médiateurs et les pays garants de l’accord. Ces démarches diplomatiques visent à élaborer des mécanismes concrets garantissant l’application complète de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier, dans un contexte de défis croissants sur le terrain.
Selon des sources, les discussions en cours se concentrent principalement sur les modalités de mise en œuvre de la première phase de l’accord, en accordant une priorité absolue à l’aspect humanitaire et à l’allègement des souffrances de la population. La délégation cherche également à examiner les moyens d’assurer une transition fluide vers la deuxième phase, avec ses différents volets, afin de garantir la pérennité de l’accalmie et la réalisation des acquis nationaux convenus.
Le porte-parole du mouvement, Hazem Qassem, a affirmé que le Hamas avait fait preuve d’une grande ouverture à l’égard des propositions avancées par les médiateurs pour surmonter les obstacles actuels. Il a précisé que cette flexibilité intervient alors que l’accord fait face à une intransigeance israélienne manifeste, illustrée par la poursuite des opérations meurtrières et le durcissement du blocus imposé à la bande de Gaza malgré les engagements antérieurs.
L’agenda des réunions au Caire comprend des dossiers sensibles liés à l’avenir de la gestion du territoire, notamment la formation d’un comité national pour administrer Gaza et le rôle éventuel de forces internationales. Les discussions portent également sur la question des armes palestiniennes, un sujet que le mouvement insiste pour replacer dans son contexte politique, lié aux droits fondamentaux du peuple palestinien, en particulier le droit à l’autodétermination.
Le mouvement a souligné que la question des armes ne sera pas traitée selon les visions israéliennes, mais à travers un dialogue interne et un consensus national global servant les intérêts supérieurs du peuple palestinien. Il a estimé que toute discussion à ce sujet doit être liée à de véritables garanties pour l’établissement d’un État palestinien indépendant et la fin complète de l’occupation.
Dans un contexte connexe, le mouvement a accusé les autorités d’occupation de violer délibérément leurs engagements en déplaçant ce qu’il appelle la « ligne jaune » vers les zones occidentales de la bande de Gaza, entraînant de nouvelles vagues de déplacements et de destructions. Il a indiqué que ces actions sur le terrain visent à élargir le contrôle militaire israélien et à compromettre toute possibilité de consolider une trêve durable.
Enfin, des sources ont confirmé que les négociations se poursuivent avec sérieux, le Hamas cherchant à obtenir des engagements clairs empêchant Israël d’exploiter d’éventuelles failles pour relancer le conflit. Le mouvement a appelé les médiateurs à exercer de réelles pressions sur Israël afin de garantir l’acheminement de l’aide humanitaire et de mettre fin à toutes les formes d’hostilités sur le terrain.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information