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Crash du vol d’Air Algérie au Mali : une demande de procès contre la compagnie Swiftair

Le 24 juillet 2014, l’appareil qui effectuait un vol Ouagadougou-Alger s’était écrasé dans le nord du Mali avec 116 personnes à son bord. Dans son réquisitoire, le ministère public pointe des manquements quant à la formation de l’équipage.

Près de six ans après le crash du vol AH 5017 d’Air Algérie au Mali, le parquet de Paris réclame un procès en correctionnelle pour « homicides involontaires » contre la compagnie Swiftair, mise en cause pour d’importants manquements en matière de formation de ses pilotes.

La compagnie espagnole était la propriétaire de l’avion, un McDonnell Douglas MD-83, qu’elle avait loué à Air Algérie. Le 24 juillet 2014, l’appareil qui effectuait un vol Ouagadougou-Alger s’était écrasé dans le nord du Mali avec, à son bord, 110 passagers (dont 54 Français, 23 Burkinabés, des Libanais, des Algériens) et 6 membres d’équipage, tous espagnols.

Dans son réquisitoire définitif de cent pages daté du 3 juin, dont a eu connaissance l’Agence France-Presse (AFP), le parquet de Paris fait valoir que « Swiftair a commis une négligence en ne délivrant pas une formation complète à ses équipages ».

« En ne sachant pas réagir, le crash était inévitable »

C’est la non-activation du système d’antigivrage, dans des conditions qui le nécessitaient, qui a entraîné la décélération de l’appareil à l’origine de son décrochage.

« Le caractère incomplet de la formation délivrée constitue une négligence en lien certain avec l’accident, dans la mesure où les pilotes, insuffisamment formés sur les systèmes d’antigivrage, n’ont pas pu avoir la réaction appropriée en présence des conditions givrantes et n’ont pas utilisé la procédure adaptée », insiste le parquet dans son réquisitoire.

En l’occurrence, il souligne qu’une séance de formation, manquée au second semestre 2012 par l’équipage, portait justement sur la révision des systèmes d’antigivrage et qu’elle n’avait pas été rattrapée.

« Il est stupéfiant et terrifiant pour les proches des victimes d’apprendre qu’elles sont montées dans un avion de ligne piloté par un équipage saisonnier qui ne s’est pas vu imposer les stages et formations nécessaires à la sécurité du vol, alors que c’est une obligation conformément aux règles de sécurité européennes », a réagi auprès de l’AFP Bertrand Courtois, avocat de parties civiles et de l’association AH5017-Ensemble, aux côtés de l’avocat Sébastien Busy. « En ne sachant pas réagir, le crash était inévitable », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

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