La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a annoncé que le Comité ministériel conjoint sur la mémoire environnementale avait entamé la première phase de ses travaux par l’élaboration d’un inventaire historique et scientifique des sites ayant subi les crimes du colonialisme, notamment les bombardements au napalm, l’utilisation de gaz toxiques interdits à l’échelle internationale ainsi que les essais nucléaires.
Lors de l’ouverture, mardi, de la première session des travaux du Comité ministériel conjoint sur la mémoire environnementale, en compagnie du ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tachrifet, la ministre a également annoncé le lancement de l’élaboration d’une carte nationale numérique des sites affectés sur le plan environnemental par les crimes du colonialisme. Cette carte constituera une référence nationale pour l’identification des zones sinistrées et préparera la réalisation de constats de terrain ainsi que d’analyses physico-chimiques des sols et de la végétation, afin d’évaluer l’ampleur des dommages et leurs répercussions sur les écosystèmes et la biodiversité.
Kaouter Krikou a souligné que la mémoire environnementale constitue une partie intégrante de la mémoire nationale, dans la mesure où elle documente l’une des formes les plus graves des crimes coloniaux commis contre l’être humain et la nature. Elle a insisté sur le fait que son département œuvre, en coordination avec le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, à la constitution d’un dossier scientifique national documentant ces crimes sur la base de preuves et de critères scientifiques rigoureux.
La ministre a réaffirmé l’engagement de son secteur à poursuivre l’enrichissement du dossier de la mémoire environnementale, afin de renforcer la documentation des crimes environnementaux coloniaux et de soutenir les efforts nationaux visant à établir la responsabilité internationale.
Les travaux de cette rencontre ont été couronnés par une série de recommandations constructives, dont la principale consiste en l’adoption de la carte nationale préliminaire des sites d’intérêt environnemental liés aux séquelles des crimes environnementaux du colonialisme comme document national de référence, tout en prévoyant sa mise à jour et son enrichissement de manière périodique, selon les résultats des études et des investigations de terrain.
Les recommandations préconisent également l’enrichissement du guide scientifique numérique « Témoin oculaire » par les nouvelles données scientifiques ainsi que par les résultats des recherches et des analyses environnementales relatives aux séquelles du colonialisme. Elles appellent en outre à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un programme national destiné à achever les opérations d’inventaire, de surveillance et d’études environnementales sur les sites concernés, conformément à des priorités scientifiques et techniques.
Les recommandations invitent enfin à la création d’une base de données nationale dédiée à la mémoire environnementale, regroupant cartes, documents historiques, images satellitaires, résultats d’analyses de laboratoire et l’ensemble des données scientifiques pertinentes. Elles préconisent également l’aménagement d’un espace consacré à la mémoire environnementale dans le cadre du projet du Musée national environnemental de la biodiversité, sous la supervision du ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie.
À noter que cette rencontre, organisée à l’occasion de la célébration du soixante-quatrième (64e) anniversaire de la fête de l’Indépendance et du Recouvrement de la souveraineté nationale, s’inscrit dans le cadre du suivi de la concrétisation du dossier de la mémoire environnementale. Celui-ci vise à documenter les crimes environnementaux commis par le colonialisme français et à mettre en lumière leurs effets durables sur les écosystèmes et les ressources naturelles, en s’appuyant sur une approche scientifique et historique intégrée. La rencontre a réuni des moudjahidine, des représentants d’institutions et d’organismes nationaux, des organisations onusiennes ainsi que des membres du corps diplomatique accrédité en Algérie.
M. B.
LA NATION Quotidien National D'information