La justice algérienne a abandonné les accusations criminelles contre l’historien Mohamed El-Amine Belghith, actuellement en détention provisoire dans le cadre de l’enquête liée à ses déclarations controversées sur la chaîne émiratie, remettant en question la langue amazighe, selon l’ancien député Azzedine Djeraffa.
Selon ce dernier, le juge d’instruction a entendu le professeur Belghith le lundi 17 juin, en présence de certains avocats de la défense. D’après Djeraffa, les déclarations de Belghith ont suscité un grand intérêt de la part du juge, ce qui a conduit à la requalification des faits : les accusations criminelles ont été ramenées à des délits, en attendant la fixation prochaine de la date du procès.
Ainsi, l’accusation de crime d’atteinte à l’unité nationale par un acte visant les symboles de la nation et de la République a été abandonnée, mais les accusations de délits portant atteinte à l’unité nationale, diffusion de discours de haine et de discrimination via les technologies de l’information et de la communication ont été maintenues.
Toujours selon l’ancien député, cette affaire, qui a mobilisé l’opinion publique nationale depuis plusieurs mois, pourrait être bientôt close, notamment en raison du soutien populaire croissant à Belghith. Ce soutien s’est notamment manifesté par la signature d’une pétition de soutien par plus d’un demi-million de citoyens.
Malgré ces développements positifs, le comité organisateur de la pétition a, selon Azzedine Djeraffa, appelé à continuer les signatures jusqu’au 1er novembre prochain, ou jusqu’à l’ouverture du procès officiel, dans le cadre d’une mobilisation collective visant à garantir un procès équitable pour Mohamed El-Amine Belghith.
Il y a quelques semaines, la chambre d’accusation en Algérie avait confirmé la décision de placer l’historien en détention provisoire, alors que sa défense espérait sa libération pour qu’il soit jugé en liberté.
L’annonce de cette confirmation avait été faite par son équipe de défense, qui avait plaidé pour sa libération, soulignant que Belghith est un professeur d’université reconnu, disposant d’une adresse fixe, et remplissant toutes les conditions requises pour être jugé en liberté, comme le prévoit le Code de procédure pénale.
R.N
LA NATION Quotidien National D'information