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Arrêté en Espagne : vers l’extradition de l’homme d’affaire Ayoub Aissiou vers l’Algérie

L’homme d’affaires algérien Ayoub Aissiou, considéré comme l’une des figures du monde des affaires proches de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, a été arrêté en Espagne. Placé en détention provisoire, il fait désormais l’objet d’une procédure d’extradition engagée à la demande des autorités algériennes, qui le recherchent pour exécuter plusieurs condamnations prononcées par contumace.

Selon le quotidien espagnol El Imparcial, Ayoub Aissiou a été interpellé le 25 juillet à l’aéroport El Prat de Barcelone. Les autorités espagnoles n’ont pas précisé le pays en provenance duquel il est arrivé. Présenté deux jours plus tard devant un juge d’instruction, il a été placé en détention dans l’attente de l’examen de la demande d’extradition formulée par Alger.

La justice espagnole dispose d’un délai maximal de quarante jours pour se prononcer sur cette requête. L’Audience nationale de Madrid devra examiner les éléments transmis par les autorités algériennes, ainsi que les arguments de la défense, avant de décider si l’homme d’affaires peut être remis à son pays d’origine.

Avant le mouvement du Hirak en 2019, Ayoub Aissiou figurait parmi les hommes d’affaires les plus influents d’Algérie. À la tête de plusieurs sociétés, il contrôlait également la chaîne de télévision privée Al Djazairia One. Comme plusieurs dirigeants d’entreprises proches de l’ancien pouvoir, il a été poursuivi dans le cadre des enquêtes judiciaires ouvertes après la chute du régime de Bouteflika.

Jugé en son absence, il a été condamné à plusieurs reprises, notamment à des peines pouvant atteindre vingt ans de prison. Les juridictions algériennes ont également émis plusieurs mandats d’arrêt internationaux à son encontre.

Toujours selon El Imparcial, Ayoub Aissiou s’était installé en France après avoir quitté l’Algérie en 2019, où il aurait obtenu le statut de réfugié politique. Il se serait rendu en Espagne pour rendre visite à des membres de sa famille établis à Miami Platja, dans la province de Tarragone, où il a finalement été interpellé.

Cette arrestation intervient dans un contexte de coopération judiciaire renforcée entre Alger et Madrid. Ces dernières années, l’Espagne a apporté son concours à l’Algérie dans plusieurs dossiers liés à la récupération des avoirs issus de la corruption. En 2023, les autorités espagnoles avaient notamment restitué trois hôtels de luxe appartenant à l’ancien homme d’affaires Ali Haddad, considérés par la justice algérienne comme des biens acquis avec des fonds détournés.

Le président Abdelmadjid Tebboune a, à plusieurs reprises, salué cette coopération. Lors de la visite officielle du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez à Alger, le 20 juillet, il avait remercié Madrid pour son soutien dans la récupération des fonds détournés et des biens mal acquis.

Au-delà des dossiers financiers, la coopération judiciaire entre les deux pays s’est également traduite par l’extradition vers l’Algérie de deux anciens militaires recherchés par la justice, Mohamed Abdallah et Mohamed Benhalima. Dans ce contexte, le dossier Ayoub Aissiou constitue un nouveau test pour les relations judiciaires entre Alger et Madrid, la décision des juges espagnols étant susceptible d’avoir des répercussions tant sur le plan diplomatique que judiciaire.

R.N

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