La question migratoire reste au cœur des tensions entre Alger et Paris. Un rapport d’information de l’Assemblée nationale française met en évidence un écart croissant entre le nombre de ressortissants algériens interpellés en situation irrégulière et celui des personnes effectivement éloignées du territoire français.
Présenté par le député Charles Rodwell, rapporteur spécial de la mission « Immigration, asile et intégration », le rapport relève qu’en 2003, 4.703 Algériens avaient été interpellés en situation irrégulière, contre 46.956 en 2025, soit près de dix fois plus. Dans le même temps, les éloignements sont restés quasiment au même niveau, passant de 2.513 à 2.539. Le ratio entre éloignements et interpellations est ainsi passé de 53 % à 4,9 %.
Le document souligne les difficultés rencontrées dans l’exécution des mesures d’éloignement, qui dépendent notamment de l’identification des personnes concernées et de la délivrance des laissez-passer consulaires.
Cette question s’inscrit dans un contexte bilatéral tendu, marqué par des désaccords récurrents sur la coopération migratoire. Elle renvoie également au régime spécifique prévu par l’accord franco-algérien de 1968, qui encadre les conditions de circulation, d’emploi et de séjour des ressortissants algériens en France.
Ainsi, le rapport met en lumière un décalage majeur entre l’intensification des contrôles et le nombre de retours effectivement réalisés, faisant de la coopération avec Alger un enjeu central de la politique française d’éloignement.
R.N
LA NATION Quotidien National D'information