Les tensions entre Téhéran et Washington connaissent une nouvelle escalade. Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé, dimanche, avoir mené des frappes contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, en représailles aux récentes attaques américaines visant le territoire iranien. Ils ont averti que toute nouvelle offensive des États-Unis entraînerait une « riposte écrasante ».
Dans un communiqué, les Gardiens de la révolution affirment avoir ciblé huit sites et infrastructures militaires américaines, notamment sur la base aérienne d’Ali Al Salem, au Koweït, ainsi que les installations de la Cinquième flotte américaine, basées au port de Salman, à Bahreïn. Selon Téhéran, ces objectifs auraient été détruits, une affirmation qui n’a pas été confirmée par des sources indépendantes.
Les autorités militaires iraniennes ont également prévenu que toute nouvelle attaque américaine, « quel qu’en soit le prétexte, même si elle vise des objectifs jugés mineurs », ferait l’objet d’une réponse d’une ampleur considérable.
Par ailleurs, les Gardiens de la révolution ont réaffirmé que, conformément à un mémorandum d’entente conclu à Islamabad, la surveillance et la régulation de la navigation dans le détroit d’Ormuz relèvent exclusivement de la République islamique d’Iran. Ils ont averti que les navires ne respectant pas les règles imposées par Téhéran seraient désormais traités avec une fermeté accrue.
Cette mise en garde intervient après une déclaration, jeudi dernier, dans laquelle les forces iraniennes avaient indiqué que tout transit dans ce passage maritime stratégique devait obtenir une autorisation iranienne et emprunter l’itinéraire fixé par les autorités, sous peine de « mesures appropriées ».
De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les États-Unis d’avoir mené des frappes aériennes contre plusieurs installations de surveillance situées sur la côte sud de l’Iran. Téhéran considère ces attaques comme une violation de l’accord provisoire destiné à mettre fin au conflit qui oppose les deux pays depuis quatre mois.
Dans un communiqué, la diplomatie iranienne a dénoncé des « attaques barbares » qui, selon elle, démontrent que Washington « n’accorde aucune valeur à ses engagements » et que « le non-respect de ses promesses fait partie de sa nature ».
En réaction, le Koweït a condamné avec la plus grande fermeté ce qu’il qualifie de nouvelles agressions iraniennes contre son territoire. Les autorités koweïtiennes estiment que ces attaques constituent une violation flagrante de leur souveraineté, une menace directe pour la sécurité et la stabilité du pays, ainsi qu’une infraction au droit international et à la Charte des Nations unies.
En déplacement à Bagdad, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part réaffirmé que l’Iran est le seul responsable de la gestion et de l’ouverture du détroit d’Ormuz, excluant toute intervention d’un autre acteur. Selon lui, toute initiative unilatérale dans cette zone stratégique ne ferait qu’aggraver les tensions régionales.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien, Fouad Hussein, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que la situation dans le détroit reviendrait à la normale une fois les obstacles levés. Il a insisté sur le fait qu’aucune autre partie ne dispose d’une responsabilité dans la gestion du détroit, affirmant que toute disposition contraire serait incompatible avec le mémorandum d’entente conclu avec Washington.
Abbas Araghchi a également expliqué que sa visite à Bagdad intervient dans un contexte particulier, saluant la position du gouvernement irakien qui a condamné les attaques contre l’Iran. Les discussions entre les deux pays portent notamment sur le renforcement de la coopération économique et sécuritaire, ainsi que sur la coordination des cérémonies funéraires prévues pour le guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Évoquant enfin le dossier libanais, le ministre iranien a souligné que le mémorandum d’entente ne devait pas être remis en cause et que sa priorité restait un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban. Il a appelé Israël à se retirer des territoires qu’il occupe au Liban, estimant que cette question relève de la responsabilité des États-Unis.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information