Les prix du pétrole ont légèrement reculé mardi, après un rapport indiquant que le président américain Donald Trump avait informé ses conseillers de sa volonté de mettre fin à la guerre avec l’Iran, même sans la réouverture du détroit d’Ormuz.
À 09h15 (heure de Moscou), les contrats à terme sur le Brent ont baissé de 0,36 % à 107 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI) ont reculé de 0,21 % à 102,66 dollars le baril, après avoir atteint leur plus haut niveau depuis le 9 mars en début de séance.
Selon des analystes, cette baisse des prix constitue une réaction temporaire à l’idée d’une fin de la guerre, mais tout changement concret des prix ne se produira qu’après la reprise complète du flux pétrolier à travers le détroit d’Ormuz.
Le Wall Street Journal a également rapporté, citant des responsables américains, que Trump avait informé ses conseillers de sa disposition à mettre fin à la campagne militaire contre l’Iran, même si le détroit d’Ormuz restait en grande partie fermé, en reportant sa réouverture à une date ultérieure.
Parallèlement, Trump a averti que les États-Unis détruiraient les installations énergétiques et les puits de pétrole iraniens si Téhéran ne procédait pas à la réouverture du détroit, après avoir rejeté les propositions de paix américaines et lancé des frappes de missiles contre Israël.
Malgré cette escalade, la Maison-Blanche a confirmé la poursuite des discussions avec l’Iran dans un climat jugé positif, tout en soulignant un décalage entre les déclarations publiques de Téhéran et ses positions dans les négociations non officielles.
La fermeture effective du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, a entraîné une forte hausse des prix : le Brent a bondi de 59 % en mars, soit sa plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée, tandis que le WTI a progressé de 58 %, sa plus importante hausse depuis mai 2020.
Sujanda Sachdeva, de la société de recherche SS WealthStreet basée à New Delhi, a expliqué que les signaux diplomatiques contradictoires reflètent une grande incertitude, notant que même en cas d’apaisement, la réparation des infrastructures endommagées prendra du temps, ce qui maintiendra les approvisionnements sous pression.
Face à ces évolutions, l’Arabie saoudite a redirigé une grande partie de ses exportations pétrolières vers la mer Rouge. Les volumes transportés vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, ont atteint 4,658 millions de barils par jour la semaine dernière, contre une moyenne de 770 000 barils par jour en janvier et février.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé mardi que les discussions pour mettre fin à la guerre en Iran prenaient de l’ampleur, bien qu’elles se poursuivent depuis plus d’un mois.
S’adressant aux journalistes, Hegseth a déclaré que les négociations étaient « très réelles, en cours et actives », ajoutant qu’elles « gagnent en intensité », tout en appelant le nouveau régime iranien à faire preuve de plus de sagesse que le précédent.
Hegseth, qui a annoncé avoir rendu visite aux forces américaines au Moyen-Orient samedi pour superviser l’opération militaire contre l’Iran, a souligné que toutes les options restaient sur la table, y compris l’envoi de troupes américaines en Iran.
Il a indiqué que les dernières 24 heures avaient connu « un nombre réduit de missiles ennemis lancés par l’Iran », évoquant l’impact des frappes américaines, qui ont provoqué d’importants déplacements de population en Iran.
Concernant le détroit d’Ormuz, Hegseth a affirmé que les objectifs étaient « très clairs » et que les États-Unis avaient défini les conditions nécessaires au succès, ajoutant que le monde devait se préparer à assumer ses responsabilités et « intervenir également dans ce passage vital ».
R.I
LA NATION Quotidien National D'information