Les travaux de la 61e session ordinaire du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies se sont ouverts lundi au Palais des Nations, à Genève, en Suisse. Cette session, qui se poursuivra jusqu’au 31 mars 2026, réunit de nombreuses délégations d’États membres ainsi que de hauts responsables onusiens, dans un contexte international marqué par de fortes tensions politiques et humanitaires.
Un segment de haut niveau en ouverture
La session débute par un segment de haut niveau de trois jours, au cours duquel plus d’une centaine de responsables internationaux doivent prendre la parole. Parmi eux figurent le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, ainsi que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk.
Durant six semaines, le Conseil examinera plusieurs situations jugées préoccupantes, notamment en Afghanistan, au Soudan, dans les territoires palestiniens occupés et au Soudan du Sud. Ces discussions s’inscrivent dans les points de l’ordre du jour consacrés aux situations nécessitant l’attention du Conseil, à l’assistance technique et au renforcement des capacités, ainsi qu’au point spécifique relatif à la Palestine et aux autres territoires arabes occupés.
Le Conseil doit également examiner la mise à jour mondiale présentée par le Haut-Commissaire sur l’état des droits humains, ainsi que les rapports des commissions d’enquête et des missions internationales indépendantes.
À l’issue de la session, des projets de résolutions et de recommandations devraient être adoptés. Dix-sept nouveaux experts seront par ailleurs nommés au sein des différents mécanismes du Conseil, notamment dans le cadre des procédures spéciales et du mécanisme d’experts, avant l’adoption du rapport final prévue le 31 mars.
Guterres alerte sur la montée de « la loi du plus fort »
À l’ouverture des travaux, Antonio Guterres a dressé un constat alarmant, dénonçant la montée en puissance de « la loi du plus fort » et une « attaque de grande envergure » contre les droits humains à travers le monde.
« Cette agression n’est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants », a-t-il déclaré, estimant que les droits humains sont « sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté ».
Le secrétaire général a averti que « quand les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule », déplorant un monde où « les souffrances massives sont admises », où « les êtres humains sont utilisés comme monnaie d’échange » et où « le droit international est considéré comme un simple désagrément ».
Selon lui, les conflits se multiplient, l’impunité progresse et les besoins humanitaires explosent, alors même que les financements diminuent dans un contexte de coupes drastiques de l’aide internationale.
M. Guterres a également mis en garde contre l’utilisation croissante des technologies, notamment l’intelligence artificielle, à des fins de répression et de discrimination, accentuant les inégalités et exposant davantage les personnes marginalisées, en ligne comme hors ligne.
Enfin, il a dénoncé « la main de fer qui resserre l’espace civique », évoquant l’emprisonnement de journalistes et de militants des droits humains, la fermeture d’organisations non gouvernementales, le recul des droits des femmes et l’exclusion des personnes en situation de handicap.
Dans un contexte international particulièrement tendu, les délibérations et décisions issues de cette 61e session sont ainsi perçues comme un enjeu majeur pour la communauté internationale, notamment face aux conflits armés et aux violations graves des droits humains.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information