En déplacement en Algérie la semaine dernière, Ségolène Royal a livré, dimanche, une série de messages sur la plateforme X dans lesquels elle plaide pour un nouveau regard porté sur la société algérienne, dans un contexte marqué par la montée de l’algérophobie en France et par une crise diplomatique persistante entre Paris et Alger.
La nouvelle présidente de l’association France–Algérie a d’abord tenu à exprimer sa reconnaissance au président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui l’a reçue mardi 27 janvier pour un entretien de plus d’une heure. « C’est le signe d’un chemin possible pour l’amitié Algérie-France », a-t-elle écrit, évoquant des échanges approfondis sur l’histoire commune des deux pays et sur « l’avenir des possibles », dans la perspective de bâtir « une nouvelle alliance égalitaire fondée sur la vérité ».
Durant les cinq jours de sa visite, de lundi à vendredi, Ségolène Royal a multiplié les rencontres. Elle s’est entretenue avec des chefs d’entreprise algériens et français, des entrepreneurs spécialisés dans l’intelligence artificielle, ainsi qu’avec plusieurs responsables politiques, notamment les ministres de la Culture Malika Bendouda et Lotfi Boudjemaa. Elle a également visité des monuments historiques et obtenu l’autorisation de rendre visite au journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie.
Malgré les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, qui durent depuis juillet 2024, et les critiques émanant de l’extrême droite française, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 est restée ferme sur ses positions. Elle a réaffirmé sa conviction que la reconnaissance par la France des crimes coloniaux en Algérie constitue un préalable indispensable au règlement du contentieux mémoriel entre les deux pays. Une position soutenue, selon elle, par l’archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco, qu’elle a rencontré au cours de son séjour.
Dans ses publications, Ségolène Royal rapporte également un moment de partage symbolique autour de la poésie, évoquant un recueil de la poétesse Samira Negrouche offert par le cardinal Vesco, puis transmis au journaliste Christophe Gleizes lors de sa visite en prison, où des poèmes, dont un texte de René Char, ont été lus « avec espoir ».
S’adressant depuis Alger aux « sept millions de Français qui ont des liens, de près ou de loin, avec l’Algérie », Ségolène Royal leur a lancé un message de soutien : « N’ayez pas peur ». Elle dénonce les tentatives de stigmatisation dont ils font l’objet et estime au contraire qu’ils constituent « un atout » pour les deux pays.
Dans sa série de messages intitulée « Changer de regard sur la société algérienne », elle décrit une Algérie en mouvement, portée par une jeunesse engagée dans les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, et par des entrepreneurs désireux de développer des coopérations avec la France. Un appel assorti d’une mise en garde adressée à Paris, l’invitant à prendre la mesure de ces dynamiques.
« Lever de soleil sur Alger. Écoute, rencontres, échanges, pendant cinq jours à l’invitation de la chambre de commerce et d’industrie », écrit-elle encore, accompagnant ses propos d’une vidéo de la baie d’Alger à l’aube, en référence à l’esprit de dialogue et d’amitié entre les peuples prôné par Germaine Tillion, fondatrice de l’association France–Algérie.
Synthèse : Sid A
LA NATION Quotidien National D'information