Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a rendu ses verdicts dans l’une des affaires judiciaires les plus marquantes ayant secoué le milieu sportif national. Poursuivis pour des faits liés à la gestion financière de la Fédération algérienne de football (FAF) entre 2017 et 2023, trois anciens présidents de l’instance ainsi que plusieurs anciens responsables ont été condamnés à des peines allant d’un à huit ans de prison ferme. La défense s’apprête à faire appel de ces décisions devant les juridictions compétentes.
À l’issue de ce procès, les sanctions les plus lourdes ont été prononcées contre Kheïreddine Zetchi et Chérif Eddine Amara, deux anciens présidents de la FAF, condamnés chacun à huit ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars algériens.
Leur successeur à la tête de l’instance fédérale, Djahid Zefizef, a, quant à lui, écopé de six ans de prison ferme.
Ces condamnations interviennent après les réquisitions du procureur de la République, qui avait demandé, quelques jours auparavant, des peines comprises entre sept et dix ans de prison ferme contre la majorité des prévenus, allant jusqu’à dix ans pour les trois anciens présidents.
Les poursuites portaient notamment sur le détournement délibéré de deniers publics, l’abus de fonction, la conclusion de contrats contraires à la réglementation en vigueur et l’octroi d’avantages injustifiés à des tiers.
Les sanctions ont également concerné plusieurs anciens responsables administratifs et exécutifs de la Fédération. Les deux anciens secrétaires généraux, Mohamed Saâd et Mounir Debbichi, l’ancien directeur général Abdelghani Nekache ainsi que l’ancien manager général de l’équipe nationale, Amine Labdi, ont chacun été condamnés à trois ans de prison ferme.
Pour sa part, l’ancien directeur de l’administration générale, Abdelmoumen Berraf, a écopé de deux ans de prison ferme.
D’anciens membres du bureau fédéral ont également été condamnés. Il s’agit d’Ammar Bahloul, Larbi Oumamar, Mohamed Goutti El Hachemi et Djilali Guedah, qui ont chacun écopé d’une année de prison ferme.
Ces verdicts de première instance marquent une étape importante dans le dossier relatif à la gestion de la FAF. Toutefois, la procédure judiciaire n’est pas définitivement close.
Conformément aux dispositions légales en vigueur, les personnes condamnées disposent du droit de faire appel dans les délais prévus par la loi. Depuis le début de l’enquête, les prévenus ont rejeté les accusations portées contre eux par le parquet.
La défense devrait ainsi engager une nouvelle bataille judiciaire devant la cour d’Alger, où l’affaire sera réexaminée en appel.
Abir N
LA NATION Quotidien National D'information