L’Algérie fait face depuis mardi à un épisode météorologique d’une rare intensité, marqué par des vents violents, de fortes précipitations et une mer dangereusement montée, plaçant plusieurs wilayas, notamment côtières, en état d’alerte maximale. À Alger et dans d’autres grandes villes du pays, ces conditions ont profondément modifié le rythme quotidien, donnant aux centres urbains des allures inhabituelles de jours fériés.
Anticipant les risques liés à ce bulletin météorologique spécial émis par l’Office national de la météorologie (ONM), les autorités ont activé une série de mesures préventives d’envergure. L’ONM a placé plusieurs régions sous alerte de niveau trois (rouge), annonçant des vents très forts pouvant atteindre, voire dépasser, les 120 km/h, notamment hier mercredi 28 janvier entre 14h00 et 21h00.
Suspension des cours et mesures exceptionnelles
En réponse à ces prévisions alarmantes, les ministères de l’Éducation nationale, de la Solidarité nationale et des Affaires religieuses ont décidé de suspendre, mercredi et jeudi, l’ensemble des activités pédagogiques à travers le pays. Cette mesure concerne les établissements scolaires, les centres d’accueil, les écoles spécialisées pour personnes aux besoins spécifiques ainsi que les écoles coraniques.
À Alger, la wilaya a renforcé ces dispositions par la fermeture temporaire de plusieurs espaces forestiers et parcs publics, parmi lesquels le parc des Sablettes, le Jardin d’Essai du Hamma, le parc zoologique El-Wiam El-Madani, le parc Kitani, la source de Bourouba et l’Eco Park de Oued Smar. Les autorités ont appelé les citoyens à éviter les zones à risque, à sécuriser les objets exposés aux rafales de vent et à faire preuve d’une prudence accrue lors des déplacements.
Transports perturbés, mais sous contrôle
Les intempéries ont également impacté les réseaux de transport. À Alger, le métro a connu des perturbations temporaires, bien que la Société d’exploitation du métro d’Alger (SEMA) ait assuré la continuité du service dans des conditions de sécurité jugées normales. Des consignes spécifiques ont toutefois été adressées aux voyageurs dans certaines stations.
À Sidi Bel Abbès, la société Setram a décidé de suspendre la circulation du tramway à titre préventif, afin de préserver la sécurité des usagers. Sur le plan maritime, l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs a annoncé le report de plusieurs traversées, notamment celles reliant Skikda à Marseille et Marseille à Oran, en raison de l’état de la mer.
À Constantine, les autorités locales ont pris une décision forte en fermant temporairement les ponts emblématiques Sidi M’Cid et Malah Slimane, tant à la circulation automobile que piétonne, afin de prévenir tout risque lié aux rafales et aux chutes potentielles de débris.
Protection civile et Sonelgaz en première ligne
La Protection civile a multiplié les appels à la vigilance. Le lieutenant-colonel Nassim Bernawi a rappelé que les vents violents peuvent provoquer des accidents graves, tels que des chutes d’arbres, de câbles électriques ou des effondrements partiels de bâtiments fragilisés. Il a insisté sur l’importance de respecter strictement les consignes de sécurité et de limiter les déplacements non essentiels.
Parallèlement, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Aouadj, a effectué une visite au Centre national de conduite du réseau électrique. Sonelgaz a activé des plans d’urgence et déployé des cellules de suivi dans plusieurs wilayas afin d’assurer la continuité de l’alimentation en électricité et en gaz.
Des interventions ont été menées à Tizi Ouzou, Batna, Béjaïa, M’sila, Bordj Bou Arréridj et Boumerdès, où des équipes techniques, appuyées par des moyens matériels renforcés, sont mobilisées jour et nuit pour réparer les pannes causées par les chutes de poteaux, les inondations de postes électriques et les vents violents.
Ports, barrages et vigilance hydrologique
Les ports de pêche et de plaisance n’ont pas été épargnés. La Société de gestion des ports a appelé les propriétaires de navires à une vigilance maximale, mettant en place des mesures renforcées pour sécuriser les infrastructures et les embarcations face à une mer agitée. Une alerte de niveau deux a par ailleurs été émise concernant des vagues dangereuses sur l’ensemble du littoral algérien.
Sur le plan hydrique, les précipitations abondantes ont eu un effet bénéfique sur les barrages. À Mostaganem, le barrage de l’oued Cheliff a atteint un taux de remplissage de 100 %, avec un volume de 30 millions de mètres cubes. Des opérations d’évacuation des excédents ont été engagées vers le barrage de Kerrada, tandis que les populations riveraines ont été alertées.
À Mila, le barrage stratégique de Beni Haroun affiche un taux de remplissage dépassant 94 %, avec un stock de plus de 832 millions de mètres cubes. Cette infrastructure majeure assure l’alimentation en eau potable de six wilayas de l’Est du pays et l’irrigation de vastes périmètres agricoles.
Face à ces conditions météorologiques exceptionnelles, les autorités appellent à la responsabilité collective, rappelant que la prévention et le respect des consignes restent les meilleurs remparts contre les risques liés aux intempéries.
Synthèse : M. Ber
LA NATION Quotidien National D'information