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Élections locales du 28 novembre : hausse du nombre de candidats malgré les alertes sur la désaffection politique

À quelques semaines des élections locales prévues le 28 novembre prochain, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) fait état d’une progression du nombre de candidats aux assemblées populaires communales (APC) et de wilaya (APW) par rapport au scrutin de 2021. Ces chiffres contrastent avec les avertissements récemment lancés par plusieurs partis politiques d’opposition sur les difficultés croissantes à mobiliser des candidats, dans un contexte marqué par la défiance envers les institutions et les interrogations sur l’utilité de la participation électorale.

Selon le bilan comparatif publié par l’ANIE, le nombre de candidats aux APC a augmenté de 22,70 %, tandis que celui des candidats aux APW a progressé de 13,56 %. Dans le détail, les candidatures aux assemblées communales atteignent 141 388, contre 115 230 lors des précédentes élections. Pour les assemblées de wilaya, le nombre de candidats s’élève à 21 476, contre 18 910 en 2021.

Cette évolution s’accompagne toutefois de tendances différentes concernant le nombre de listes engagées dans la compétition. Les listes communales reculent, passant de 5 848 en 2021 à 5 631 pour le prochain scrutin. À l’inverse, les listes destinées aux assemblées de wilaya enregistrent une légère progression, de 430 à 434.

La hausse du nombre de candidatures intervient également dans un contexte d’augmentation du nombre de sièges à pourvoir, en progression de 6,76 % pour les APC et de 21,48 % pour les APW. Ces éléments invitent à nuancer la lecture des données : si le nombre total de candidats est en hausse, il ne suffit pas, à lui seul, à mesurer l’ampleur de la compétition électorale ni le degré d’adhésion des citoyens au processus politique. Le recul des listes communales peut notamment traduire les difficultés de certaines formations à constituer leurs équipes et à couvrir l’ensemble des communes. Les conditions exigées pour la validation des candidatures pourraient également avoir pesé sur la constitution des listes.

La publication de ces chiffres intervient alors que plusieurs partis ont exprimé leurs inquiétudes face à une possible extension de la désaffection politique. Celle-ci ne se manifesterait plus uniquement par l’abstention le jour du vote, mais aussi par une réticence croissante à se porter candidat.

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelali Hassani Cherif, avait ainsi alerté sur cette évolution, qu’il relie notamment à l’érosion de la confiance dans l’utilité de la participation politique et électorale. Selon lui, l’accumulation des déceptions et des expériences jugées infructueuses nourrit le désengagement. Il avait également soulevé la question de l’équité et de l’égalité des chances, ainsi que celle de la capacité des élus locaux à concrétiser leurs engagements au regard des prérogatives et des moyens dont ils disposent.

Les préoccupations exprimées par le MSP rejoignent, sur un autre plan, les critiques formulées par le Front des forces socialistes (FFS). Dans un communiqué publié dimanche et signé par son premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, le parti a dénoncé ce qu’il qualifie d’« exclusion massive » de ses candidats aux prochaines élections locales. Il affirme que des dossiers de candidature ont été rejetés dans la plupart des listes déposées et réclame le réexamen des décisions qui, selon lui, ne reposent pas sur des motifs juridiques valables.

Le FFS soutient que les rejets ont notamment touché des têtes de liste, des cadres du parti et des candidats disposant, selon lui, d’un ancrage populaire. Il dénonce une application qu’il juge « sélective et arbitraire » des articles 1 et 184 de la loi électorale, estimant que de telles pratiques risquent de transformer les règles encadrant le scrutin en instruments d’exclusion politique.

Le parti met en garde contre une aggravation de la crise de confiance, un renforcement de l’abstention et une atteinte à la crédibilité du scrutin avant même sa tenue. Il appelle les autorités à réexaminer les dossiers contestés et à garantir la neutralité, la transparence et l’égalité de traitement entre les candidats.

Seddik Yahiaoui

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