La hausse des prix des produits alimentaires revient au premier plan, dans un contexte marqué par une pression persistante sur le pouvoir d’achat des ménages. Les prix de plusieurs fruits et légumes ont enregistré de nouvelles augmentations ces derniers jours, suscitant des interrogations sur les mécanismes de formation des prix et les marges appliquées tout au long de la chaîne de distribution.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a lui-même qualifié de « sans précédent » le niveau atteint par certains produits, annonçant que l’Etat entend intervenir lorsque les prix s’écartent de manière excessive de leurs niveaux habituels.
Intervenant mardi en marge de l’installation du nouveau wali de Ksar El-Boukhari, le ministre a notamment dénoncé certaines pratiques qu’il juge incompatibles avec des relations commerciales équitables entre citoyens. Il a particulièrement cité le cas de la tomate, dont le prix a atteint 200 DA le kilogramme en août. « Je n’ai jamais vu, en 60 ans, le prix de la tomate atteindre 200 DA au mois d’août », a-t-il déclaré.
Au-delà de ce produit, cette évolution intervient alors que les ménages font face à une augmentation du coût de plusieurs produits de consommation courante. La question des prix revêt ainsi une dimension particulière à l’approche de la rentrée sociale, période durant laquelle les dépenses des familles augmentent notamment avec les charges liées à la scolarité, au transport et aux besoins quotidiens.
L’Etat annonce un suivi renforcé du marché
Face à cette situation, Saïd Sayoud a assuré que les autorités suivent l’évolution des marchés et interviennent lorsque les prix sortent de leur niveau habituel ou lorsque la chaîne d’approvisionnement connaît des perturbations.
Le ministre a affirmé que l’Etat dispose des moyens nécessaires pour agir face aux déséquilibres constatés, tout en précisant que l’objectif n’est pas de pénaliser les agriculteurs ou les commerçants. Il s’agit, selon lui, de parvenir à des marges bénéficiaires raisonnables tout en garantissant un approvisionnement régulier du marché en produits essentiels.
Le coût des importations également en cause
Le ministre a, par ailleurs, évoqué les facteurs extérieurs susceptibles d’influer sur le prix de certains produits importés. Il a notamment cité l’augmentation des coûts du transport maritime ainsi que celle des primes d’assurance couvrant les marchandises et les navires empruntant certaines routes maritimes sensibles.
Ces facteurs interviennent alors que plusieurs fruits et légumes connaissent une progression de leurs prix. Le cas de la banane est particulièrement marqué, avec des tarifs ayant dépassé, dans certains marchés, les 2.000 DA le kilogramme, illustrant la pression exercée sur les prix des produits alimentaires.
Les prix de la volaille sous l’effet des pertes
Le secteur avicole connaît également des tensions. Saïd Sayoud a expliqué la hausse des prix de la volaille par les pertes enregistrées par la filière, notamment à la suite des incendies ayant touché plusieurs régions de l’est du pays, mais aussi en raison des fortes chaleurs enregistrées durant l’été.
Ces conditions ont affecté les élevages et pesé sur l’offre disponible, contribuant à la hausse des prix. Le ministre s’est toutefois montré confiant quant à une amélioration prochaine de la situation, estimant que le marché de la volaille devrait progressivement retrouver son équilibre.
Dans un contexte où les fluctuations des prix alimentaires constituent l’un des principaux facteurs de pression sur le budget des ménages, l’évolution de l’offre, des coûts de production et de distribution ainsi que l’efficacité des mécanismes de régulation resteront déterminantes pour contenir la cherté de la vie.
Ibrahim.T
LA NATION Quotidien National D'information