L’Algérie connaît une accélération de sa transition démographique, marquée par une baisse importante du taux de fécondité, tout en conservant une structure de population majoritairement jeune. C’est ce qu’a indiqué le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la population, organisée mercredi à Alger.
Lors de l’ouverture des travaux de cette rencontre, placée sous le thème « Réaliser les espoirs et les aspirations des jeunes, aujourd’hui et demain », le responsable a souligné que cet événement constitue une occasion de réflexion, de dialogue et de mobilisation autour des grands enjeux démographiques et de leurs impacts sur le développement durable.
Mohamed Talhi a relevé que l’Algérie a connu une évolution démographique profonde au cours des dernières décennies. Le taux global de fécondité est passé d’environ 8 enfants par femme au lendemain de l’indépendance à près de 2,5 enfants par femme actuellement. Malgré cette baisse, le pays conserve une population jeune, considérée comme un véritable levier pour la croissance économique, l’innovation et le développement humain.
Selon la représentante du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) en Algérie, cette jeunesse constitue « un immense capital stratégique » capable de contribuer à la créativité, à l’innovation et à la transformation des défis démographiques actuels en opportunités de développement durable.
Le secrétaire général du ministère de la Santé a rappelé que les mutations démographiques concernent aujourd’hui de nombreux pays, avec notamment une diminution progressive des taux de natalité, un vieillissement croissant des populations et une évolution des aspirations des jeunes générations. Face à ces changements, il a insisté sur la nécessité pour les États d’adopter des politiques publiques anticipatives plaçant l’être humain au centre du développement.
Ces politiques doivent, selon lui, garantir aux jeunes un accès équitable à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé, au logement et aux conditions nécessaires pour construire une famille dans un environnement stable.
Pour l’Algérie, cette transition démographique représente une opportunité majeure à travers ce que les spécialistes appellent le « dividende démographique ». Celui-ci repose sur la capacité d’un pays à transformer une population jeune en moteur de développement grâce à des investissements durables dans le capital humain.
Mohamed Talhi a toutefois souligné que cet avantage n’est pas automatique. Il nécessite des efforts continus dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, la formation, la santé, l’innovation, l’emploi, le logement et la participation citoyenne.
Il a également expliqué que l’évolution démographique algérienne reflète les profondes transformations qu’a connues la société, notamment l’amélioration du niveau d’instruction, l’urbanisation accélérée, le changement des modèles matrimoniaux, l’augmentation de la participation des femmes à l’activité économique ainsi que l’amélioration globale des conditions de vie.
Bien que l’Algérie demeure un pays à forte composante jeune, cette réalité constitue à la fois une chance historique et une responsabilité collective. La valorisation de cette jeunesse sera déterminante pour accompagner les mutations sociales et économiques et renforcer les perspectives de développement durable du pays.
R.N
LA NATION Quotidien National D'information