Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelali Hassani, a animé ce mardi une conférence de presse au siège de son parti, au lendemain de l’annonce des résultats provisoires des élections législatives par le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khalafane. Le MSP a terminé à la quatrième place avec 43 sièges.
Interrogé sur le recul de son parti, qui était arrivé troisième lors des précédentes législatives avec 66 sièges, Hassani a évoqué une « tentative de marginalisation » du mouvement. Il a rappelé que le slogan choisi pour la campagne, « La confiance », répondait selon lui à une réalité nationale : « La crise du pays est avant tout une crise de confiance ».
Le responsable du MSP a annoncé que son parti préparait des recours auprès de la Cour constitutionnelle. Selon lui, une équipe administrative et juridique a recensé plusieurs dépassements et dispose d’éléments démontrant l’existence « d’irrégularités juridiques anciennes et nouvelles » ayant influencé les résultats du scrutin.
Hassani est également revenu sur la coupure du réseau internet survenue dans la nuit du jeudi au vendredi, lors du dépouillement. Il affirme qu’avant l’interruption, son parti était en avance dans plusieurs wilayas, mais qu’au retour du réseau, « le seuil électoral avait augmenté » permettant à d’autres formations politiques d’obtenir des sièges supplémentaires.
Le vice-président du MSP, Ahmed Sadok, a pour sa part affirmé que la direction du parti suivait les opérations de dépouillement via ses plateformes numériques et que les résultats provisoires plaçaient le mouvement en tête dans plusieurs régions, notamment Mostaganem, Relizane, Tlemcen, Constantine et Skikda. Il a accusé une « reconfiguration des résultats » après la reprise des opérations de comptage.
Le parti affirme également détenir des preuves concernant des pratiques de « gonflement des voix » dans certaines circonscriptions, citant notamment Tébessa, Bir El Ater, El Oued, Djelfa, l’Allemagne et la commune de Kouba à Alger. Hassani a toutefois reconnu que ce phénomène avait diminué par rapport aux précédentes échéances électorales.
Concernant le taux de participation, le président du MSP a contesté l’idée selon laquelle l’abstention serait un phénomène mondial. Il a estimé que la participation constitue un élément essentiel de la crédibilité d’une élection, rappelant plusieurs taux enregistrés récemment dans différents pays européens et en Turquie.
Hassani a jugé préoccupant un taux de participation avoisinant les 20 %, estimant que l’abstention massive constitue « un message politique populaire » adressé aux autorités. Selon lui, des institutions issues d’une faible participation risquent d’avoir une légitimité réduite et de ne pas refléter véritablement l’opinion publique nationale.
Seddik.Y