L’ancien ministre et diplomate Abdelaziz Rahabi estime que le faible taux de participation enregistré lors des élections législatives organisées à la fin de la semaine dernière ne doit pas être analysé sous le seul prisme des statistiques. Selon lui, l’abstention constitue un signal politique révélateur de défis plus profonds.
Dans une analyse consacrée au scrutin, il considère que le recul de la participation traduit «l’affaiblissement de l’un des principaux leviers de mobilisation sociale et politique dont disposent les États pour préserver leur cohésion interne et faire face aux défis extérieurs ».
Pour Abdelaziz Rahabi, la baisse continue de l’intérêt des citoyens pour les élections législatives appelle à « une évaluation et une révision en profondeur » du fonctionnement de la vie politique. Il souligne que le taux de participation annoncé pourrait être le plus faible enregistré depuis l’indépendance de l’Algérie, un niveau qu’il juge révélateur d’un malaise nécessitant une réflexion approfondie.
L’ancien ministre attribue cette désaffection à une perte progressive de confiance des citoyens envers les institutions chargées de les représenter, de défendre leurs intérêts et d’exercer un contrôle sur l’action du gouvernement. Une crise de confiance qui, selon lui, s’est installée au fil des décennies et se reflète désormais dans les différents rendez-vous électoraux.
Abdelaziz Rahabi insiste également sur le rôle des partis politiques, qu’il refuse de voir réduits à de simples instruments électoraux. À ses yeux, ils doivent pleinement assumer leur mission d’acteurs institutionnels en contribuant à l’encadrement de la société, à la formation des citoyens et à l’animation du débat public, aux côtés des syndicats et des médias.
R.N