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Négociations Iran–États-Unis : un accord est annoncé en 60 jours

Le Qatar et le Pakistan, pays médiateurs entre l’Iran et les États-Unis, ont annoncé avoir enregistré des « progrès encourageants » dans les négociations en cours entre les deux pays en Suisse. Les parties ont également convenu de poursuivre les discussions jusqu’à la fin de la semaine et de mettre en place un mécanisme destiné à assurer la continuité des pourparlers techniques.

Cette annonce figure dans un communiqué conjoint des deux médiateurs, relayé lundi par le ministère qatari des Affaires étrangères, à l’issue de la première journée de négociations. Celles-ci interviennent quelques jours après la signature d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à la guerre déclenchée fin février et à rouvrir le détroit stratégique d’Ormuz aux exportations pétrolières, interrompues depuis mars dernier.

Selon le communiqué, « le premier cycle de discussions de haut niveau, organisé dans le cadre du mémorandum d’entente signé à Islamabad, s’est achevé avec la participation de représentants de l’Iran et des États-Unis, ainsi que des deux pays médiateurs, le Qatar et le Pakistan, au complexe de Bürgenstock, en Suisse ».

Le texte souligne que « les travaux de la première journée du sommet du lac des Quatre-Cantons se sont déroulés dans une atmosphère positive et constructive », ajoutant qu’un « progrès encourageant » a été réalisé, notamment à travers la création d’un mécanisme chargé de poursuivre les discussions techniques.

Conformément au mémorandum d’entente, les parties ont décidé de mettre en place une commission de haut niveau chargée de superviser politiquement les efforts de médiation. Les chefs négociateurs devront lui présenter régulièrement des rapports tout en dirigeant des groupes de travail spécialisés consacrés au dossier nucléaire, aux sanctions économiques ainsi qu’à un mécanisme de suivi et de règlement des différends destiné à garantir la mise en œuvre effective de l’accord.

La commission a également approuvé une feuille de route visant à parvenir à un accord final dans un délai de 60 jours, ouvrant la voie à une nouvelle phase de négociations techniques qui débutera immédiatement.

Le communiqué précise par ailleurs qu’un canal de communication a été instauré entre les parties afin d’éviter tout incident ou malentendu et de garantir la sécurité de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz.

Les participants ont également convenu de créer un groupe de travail chargé de prévenir toute escalade militaire. Cette structure inclura les deux parties ainsi que la République libanaise, sous la facilitation du Qatar et du Pakistan, afin d’assurer le respect du cessez-le-feu et la suspension des opérations militaires au Liban, conformément aux dispositions du mémorandum.

Les discussions techniques doivent se poursuivre tout au long de la semaine au complexe de Bürgenstock afin d’examiner l’ensemble des questions en suspens. Le Qatar et le Pakistan ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leurs efforts pour maintenir un climat constructif et favoriser l’aboutissement d’un accord définitif.

La première journée de négociations avait toutefois été marquée par des tensions. Dimanche soir, la délégation iranienne avait quitté temporairement la table des discussions après ce que Téhéran a qualifié de « message offensant » du président américain Donald Trump. Celui-ci avait menacé de frapper la République islamique si elle ne mettait pas immédiatement fin au soutien du Hezbollah libanais, accusé de « provoquer des troubles ».

Selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA, les représentants iraniens ont quitté la salle après environ 80 minutes de discussions, estimant que les pourparlers étaient entrés dans une phase délicate à la suite de cette escalade verbale.

Malgré ces tensions, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé lundi que les négociations avaient enregistré des « avancées importantes ».

Dans un message publié sur la plateforme X, il a salué les efforts de médiation du Qatar et du Pakistan, estimant qu’ils avaient permis de progresser significativement vers la fin de la guerre au Liban. Il a également indiqué que les exportations iraniennes de pétrole et de produits pétrochimiques avaient été exemptées de sanctions, que le blocus avait été levé, qu’une partie des avoirs gelés avait été débloquée et qu’un vaste programme de reconstruction de l’Iran avait été lancé.

Désaccords persistants sur le dossier nucléaire

Le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé dimanche que son pays ne renoncerait pas à son droit à enrichir l’uranium, tout en assurant une nouvelle fois que Téhéran ne cherchait pas à se doter de l’arme nucléaire.

« Nous pouvons également garantir par écrit que nous n’avons aucune intention de développer une bombe atomique », a-t-il déclaré.

Le mémorandum prévoit néanmoins un règlement de la question des stocks d’uranium enrichi, notamment à travers une réduction du niveau d’enrichissement sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réitéré son opposition à toute capacité nucléaire militaire iranienne. « Quels que soient les développements politiques, je ne permettrai pas à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Cela n’arrivera pas tant que je serai Premier ministre d’Israël », a-t-il déclaré.

R.I

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