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L’Algérie veut tourner la page du pétrole : les mines au cœur de la nouvelle orientation économique 

Le secteur minier s’impose désormais comme un pilier stratégique de l’économie algérienne. Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé la volonté de l’État d’opérer une véritable rupture avec la dépendance aux hydrocarbures, en faisant des mines un moteur central de croissance et de diversification.

Selon un communiqué officiel, le chef de l’État a souligné que le plan économique national, à court et long terme, vise à ériger les ressources minières en « secteur vital générateur de richesse », capable de réduire significativement la dépendance aux revenus du pétrole et du gaz.

Pour concrétiser cette orientation, l’Algérie a lancé plusieurs projets d’envergure mondiale. Le plus emblématique est celui du gisement de fer de Gara Djebilet, situé dans la région de Tindouf, dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes. L’exploitation a été officiellement lancée début février, soutenue par la mise en service d’une ligne ferroviaire stratégique reliant le site à Béchar sur près de 950 kilomètres.

Autre projet majeur : le développement du gisement de phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa. Ce projet devrait permettre à l’Algérie de produire jusqu’à 10,5 millions de tonnes de phosphate par an. Une infrastructure ferroviaire de 420 kilomètres est en cours de réalisation pour relier le site au port de Annaba.

Dans ce cadre, le président Tebboune a fixé un objectif clair : lancer les premières exportations de phosphate d’ici mars 2027 au plus tard. Il a également insisté sur la nécessité de développer une industrie locale de transformation, afin de valoriser cette ressource stratégique, notamment dans la production d’engrais.

Le chef de l’État a ainsi ordonné le lancement immédiat d’unités de traitement du phosphate, parallèlement à l’exploitation minière, ainsi que la constitution de stocks d’urée et d’ammoniac répondant aux normes internationales. Il a par ailleurs appelé à renforcer le partenariat avec la Chine pour accélérer les travaux d’extension du port d’Annaba, notamment la construction d’un quai minéralier essentiel à l’exportation.

Le troisième grand projet concerne le gisement de zinc et de plomb de Amizour, dans la wilaya de Béjaïa. Avec des réserves estimées à 54 millions de tonnes, ce site figure parmi les dix plus importants au monde. Son exploitation, lancée en mars dernier en partenariat avec une entreprise algéro-australienne, représente un investissement de près de 471 millions de dollars.

Ce projet devrait positionner l’Algérie parmi les acteurs majeurs dans la production de zinc et de plomb, deux métaux essentiels pour l’industrie et la transition énergétique.

Enfin, pour accélérer le développement du secteur et attirer les capitaux étrangers, les autorités ont récemment révisé la législation minière. Désormais, les investisseurs internationaux peuvent détenir jusqu’à 80 % des projets, contre 49 % auparavant. Une réforme destinée à faire du secteur minier un levier clé de croissance économique et de diversification des منابع du pays.

Synthèse : Sid.A

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