Le Parlement algérien, composé de ses deux chambres — l’Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation — se réunira ce mercredi en session conjointe au Palais des Nations. Cette réunion sera consacrée à l’examen et au vote d’un projet de révision constitutionnelle, dans le cadre des préparatifs en cours pour les prochaines échéances électorales.
Cette session intervient après la convocation officielle des députés et des membres de la chambre haute, dans un contexte marqué par l’accélération des réformes juridiques engagées par les autorités publiques. Elle est considérée comme une étape clé, puisqu’elle devrait fixer le cadre constitutionnel régissant les élections à venir, notamment les législatives attendues dans les prochains mois.
Le processus repose sur une procédure constitutionnelle permettant l’adoption des amendements par voie parlementaire, après avis de la Cour constitutionnelle, sans recours à un référendum populaire. Une fois adoptées et publiées officiellement, ces modifications entreront immédiatement en vigueur.
Au cœur de cette révision figure une réorganisation de la gestion du processus électoral. Le projet prévoit notamment la modification de l’article 202 de la Constitution, relatif aux prérogatives de l’Autorité nationale indépendante des élections. Il est proposé de recentrer le rôle de cette instance sur des missions de supervision et de contrôle, tandis que les aspects techniques et organisationnels — tels que la préparation matérielle et la gestion du scrutin — seraient confiés au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.
Selon les auteurs du projet, cette répartition des tâches vise à instaurer une séparation plus nette entre l’organisation et le contrôle, afin d’améliorer l’efficacité du processus électoral et de renforcer sa transparence.
Les modifications envisagées ne se limitent pas au seul volet électoral. Elles concernent également plusieurs institutions sensibles. Le texte prévoit ainsi une révision de la composition et des attributions du Conseil supérieur de la magistrature, dans l’objectif de garantir un meilleur équilibre dans les nominations. Il propose aussi d’ajuster la structure du Conseil de la nation, notamment en envisageant un allongement du mandat de son président, afin de renforcer la stabilité institutionnelle.
Par ailleurs, le projet introduit davantage de flexibilité dans la gestion des sessions parlementaires, tant pour leur ouverture que pour leur clôture, afin de mieux les adapter aux exigences de l’agenda politique national.
Cette réforme constitutionnelle s’inscrit en parallèle de l’examen d’un projet de révision de la loi électorale, récemment déposé par le gouvernement auprès de l’Assemblée populaire nationale. Ce texte, étroitement lié à la révision constitutionnelle, vise à préciser les modalités d’application des nouvelles dispositions, notamment celles encadrant le fonctionnement de l’Autorité indépendante des élections.
Parmi les mesures envisagées figurent la réorganisation de la composition de cette instance, avec une réduction du nombre de ses membres, ainsi que la création d’un organe exécutif chargé de mettre en œuvre ses décisions sur le terrain.
L’ensemble de ces réformes intervient dans un contexte de forte contrainte temporelle, à l’approche de la convocation du corps électoral, ce qui place le Parlement face à l’enjeu d’achever rapidement l’arsenal juridique encadrant les prochaines élections.
R.N