Une source exclusive a révélé à la plateforme qatarie WinWin que des enquêtes sécuritaires et financières sont en cours concernant des soupçons de corruption au sein de clubs évoluant en Ligue professionnelle algérienne. Ces enquêtes pourraient conduire à l’emprisonnement de certains présidents et responsables de clubs si les soupçons liés à des accusations de détournement de fonds publics et à la conclusion de contrats suspects venaient à être confirmés. Cette situation suscite régulièrement une large controverse parmi les supporters et les médias au sujet du mode de gestion des clubs appartenant à des entreprises publiques dans la compétition locale.
Au cours de la période passée, les autorités algériennes ont décidé d’attribuer certaines entreprises publiques à des clubs afin de garantir leur gestion et leur financement pour surmonter leurs difficultés financières. Ces clubs ont alors été surnommés par les supporters les « clubs riches », au grand mécontentement des autres clubs n’ayant pas bénéficié de cet avantage, lesquels ont dénoncé ce qu’ils considéraient comme un traitement préférentiel.
Des clubs tels que le MC Alger, l’USM Alger, la JS Kabylie, le CS Constantine, la JS Saoura, l’ES Sétif et le MC Oran ont bénéficié du soutien d’entreprises publiques, leur permettant d’obtenir des budgets conséquents et un avantage important pour recruter « les meilleurs joueurs » et conclure les contrats les plus coûteux. Toutefois, ces clubs font l’objet d’« accusations » récurrentes d’« gaspillage de l’argent public », certaines transactions ayant atteint des montants astronomiques, choquants et sans rapport avec la réalité technique sur le terrain, d’autant plus que la majorité d’entre elles se sont soldées par des échecs.
La concurrence en Ligue algérienne quitte les terrains pour les contrats faramineux
Auparavant, la brigade économique de la police judiciaire algérienne avait mené des enquêtes sur des irrégularités financières ayant marqué la gestion de la Fédération algérienne de football ces dernières années. Plusieurs responsables, employés et anciens membres de la Fédération ont été auditionnés, certains ayant été incarcérés ou placés en détention provisoire, notamment les anciens présidents Kheireddine Zetchi et Charaf-Eddine Amara.
De nouvelles enquêtes menacent les dirigeants de clubs de prison en Ligue algérienne
La source a confirmé que les enquêtes visant les responsables de clubs de la Ligue professionnelle algérienne suivront les mêmes étapes que celles adoptées dans le dossier de reddition des comptes des anciens responsables de la Fédération algérienne de football, selon des procédures juridiques strictes qualifiant les irrégularités financières et les soupçons de corruption potentiels de détournement de fonds publics passible de peines de prison.
Selon la même source, les services de sécurité algériens examinent les dossiers de nombreux clubs appartenant à des entreprises publiques, notamment en ce qui concerne leur mode de gestion, ainsi que l’implication de certains dirigeants dans des soupçons de corruption liés à des transactions pouvant être qualifiées d’« étranges », davantage assimilables à un gaspillage de fonds qu’à une efficacité sportive et économique.
Plusieurs clubs soutenus par des entreprises publiques se sont distingués, au cours des trois dernières saisons au moins, par la conclusion de contrats faramineux et déséquilibrés qui ont suscité de fortes suspicions, notamment en ce qui concerne le recrutement de joueurs étrangers. Ces transactions impliquent souvent plusieurs intermédiaires, avant que les contrats ne soient parfois résiliés quelques mois plus tard, entraînant des pertes et des indemnisations financières, sans que le joueur recruté n’ait disputé la moindre minute.
La Fédération algérienne de football a d’ailleurs décidé, au début de la saison en cours, de réduire le nombre de joueurs étrangers autorisés en Ligue algérienne de cinq à quatre, après l’échec retentissant de cette politique qui a vidé les caisses des clubs appartenant à des entreprises publiques sans résultats probants. Cela est d’autant plus problématique que les salaires de ces joueurs sont versés en devises étrangères, un point sensible et obscur au cœur des enquêtes sécuritaires.
Plus étonnant encore, les salaires des joueurs du championnat local ont connu une hausse spectaculaire et sans précédent depuis la saison dernière, au point que certains joueurs de clubs algériens classés parmi l’élite, bien qu’ils ne soient pas sélectionnés en équipe nationale A, perçoivent des salaires supérieurs à ceux de joueurs internationaux évoluant en Europe, tels que Himad Abdelli, Mehdi Dorval, Rafiq Belghali et Mounsef Bakrar.
La source a enfin insisté sur le fait que la détermination des autorités publiques et sécuritaires à lutter contre la corruption et le détournement de fonds publics dans le championnat algérien menace réellement certains présidents de clubs impliqués dans de telles affaires de peines de prison, d’autant plus que la Fédération algérienne de football, sur recommandation des autorités publiques, plaide depuis un certain temps pour la rationalisation des dépenses et une meilleure gouvernance des clubs, loin du gaspillage de l’argent public.
R.S
LA NATION Quotidien National D'information