Après avoir atteint un record historique en 2022, les exportations hors hydrocarbures de l’Algérie ont connu un repli ces deux dernières années. Selon les données de l’Office national des statistiques (ONS), ces exportations se sont élevées à 961,13 milliards de dinars en 2022, contre 790,05 milliards en 2021. Mais en 2023, elles ont chuté à 764,5 milliards de dinars, avant de s’établir à seulement 573,52 milliards en 2024.
Ce recul survient dans un contexte de ralentissement global des échanges commerciaux, marqué notamment par la baisse des cours des hydrocarbures. Alors que l’Algérie avait renoué en 2022 avec une balance commerciale excédentaire grâce à la flambée des prix du pétrole, cette dynamique s’est progressivement estompée. En 2024, l’excédent commercial a fondu de près de 85 % par rapport à l’année précédente.
La dégradation de la balance commerciale s’explique par une double évolution : la baisse des recettes d’exportation liée à la chute des cours pétroliers, et la poursuite de la hausse des importations malgré les politiques de rationalisation. En effet, les importations ont suivi une trajectoire ascendante depuis 2021. Cette année-là, elles s’élevaient à 5 884 milliards de dinars (dont 5 274 milliards pour les biens et 609 milliards pour les services).
La reprise économique mondiale en 2022, consécutive à la levée des restrictions sanitaires et au déclenchement de la guerre en Ukraine, a favorisé une forte hausse des exportations algériennes. Elles ont culminé à 9 871 milliards de dinars cette année-là, dont 8 392 milliards issus des hydrocarbures, 961 milliards des autres biens et 517 milliards des services. Les importations, elles, ont atteint 6 533 milliards de dinars, sans annuler l’excédent commercial.
Mais dès 2023, les effets positifs se sont estompés. Les exportations totales ont reculé à 7 945 milliards de dinars, dont 6 657 milliards provenant des hydrocarbures. Cette tendance s’est aggravée en 2024, les exportations chutent encore à 7 404 milliards de dinars, répartis entre 6 129 milliards d’hydrocarbures, 573 milliards de biens non pétroliers et 701 milliards de services.
Dans le même temps, les importations ont poursuivi leur hausse : 6 748 milliards de dinars en 2023 (dont 5 945 milliards de biens) et 7 334 milliards en 2024 (dont 6 526 milliards de biens et 817 milliards de services).
Cette évolution souligne la dépendance persistante de l’économie algérienne aux hydrocarbures, malgré les efforts affichés pour diversifier les exportations. Le recul des exportations hors pétrole et gaz met en évidence les limites structurelles de l’économie et appelle à des réformes de fond pour rééquilibrer la balance commerciale de manière durable.
Synthèse Sid A
LA NATION Quotidien National D'information