Accueil / International / Nouveau gouvernement français : Bayrou choisit l’extrême droite à l’apaisement avec l’Algérie

Nouveau gouvernement français : Bayrou choisit l’extrême droite à l’apaisement avec l’Algérie

Les ministres du nouveau gouvernement français ont pris, mardi, leurs fonctions. Parmi eux le revenant Gérald Darmanin, et Bruno Retailleau. Le premier, ancien ministre de l’intérieur est chargé désormais du département de la justice. Le deuxième est Bruno Retailleau qui garde le ministère de l’intérieur, poste qu’il avait occupé sous la bannière de l’ancien gouvernement tombé sous les frappes d’une motion de censure. Ces deux hommes étaient, et sont toujours, impliqués dans la gestion des relations entre la France et l’Algérie. L’intérieur et la justice sont deux structures complémentaires dans la gestion des affaires liées à l’émigration, la reconduite aux frontières et le dossier de la circulation d’un pays à un autre.

Avec Gérald Darmanin à l’intérieur, le dossier du déplacement des Algériens vers la France à été fortement contrarié par la distillation du nombre de visas délivrés aux Algériens. C’est une carte de chantage utilisée contre les autorités algériennes.

Le maintien de Bruno Retailleau à l’intérieur est un gage à la droite et l’extrême-droite, mais aussi un signal clair sur la poursuite d’une politique dure du gouvernement contre l’immigration.

Depuis sa nomination en septembre dernier, cet ancien sénateur LR (Les Républicains, droite) a multiplié les déclarations et les mesures en faveur de la réduction de l’immigration légale et illégale en France.

Le second dossier sur lequel Bruno Retailleau s’est exprimé à plusieurs reprises est lié aux relations entre la France et l’Algérie qui traversent une crise inédite. C’est sans doute le ministre français qui a parlé plus de l’Algérie ces derniers mois.

Dès le départ, ce partisan de l’abrogation de l’accord de 1968, a affiché la couleur en prônant une ligne dure à l’égard d’Alger sur la question migratoire, et récemment dans l’affaire Boualem Sansal, l’écrivain franco-algérien arrêté le 16 novembre dernier à Alger.

Placé sous mandat de dépôt, il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat, en raison de ses déclarations à un média d’extrême droite où il a dit qu’une partie de l’ouest algérien appartenait historiquement au Maroc. Interrogé mercredi 18 décembre sur la détention de Sansal en Algérie, Bruno Retailleau a déclaré : « J’espère que la relation entre l’Algérie et la France puisse permettre de stabiliser les choses, mais je souhaite que Boualem Sansal puisse nous revenir très rapidement. Si tel n’était pas le cas, je pense que la France serait en mesure de déployer un certain nombre de réponses ».

Sur la lutte contre l’immigration clandestine notamment la délivrance des laissez-passer consulaires indispensables pour l’expulsion des migrants frappés d’une OQTF, Bruno Retailleau a prôné, dès sa nomination dans le précédent gouvernement de Michel Barnier, un « bras de fer » avec l’Algérie, et un dialogue avec le Maroc.

L’immigration est l’un des trois grands dossiers qui empoisonnent les relations entre l’Algérie et la France. Les deux autres sont le Sahara occidental et l’affaire Sansal. Latente depuis des années, la crise entre les deux pays a plongé dans l’abîme le 31 juillet dernier, avec la décision du président Emmanuel Macron de reconnaître la « marocanité » du Sahara occidental.

Alors qu’on attendait du centriste François Bayrou à la tête du gouvernement un effort dans le sens de l’apaisement dans les relations entre les deux pays, il a préféré donner des gages à l’extrême droite et, partant, tenter de sauver le quinquennat de son ami.

Si Ali

A propos LA NATION

Voir Aussi

Nouvelles exigences de la carte de séjour en France :  un impact sur les ressortissants algériens ?

Les ressortissants algériens ne sont pas concernés par le récent durcissement des conditions d’obtention d’une …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *