Said Bouteflika, ex-conseiller de Abdelaziz Bouteflika, s’est exprimé sur le rôle qui était le sien à la présidence et sur son frère, le président de la République, lors du procès en appel de l’affaire du « complot contre l’armée ».
Il estime que si lui est en prison, son frère est un patriote qui n’a voulu que construire son pays. Et qu’il a été trahi par ceux qui, hier, se prosternaient devant lui !
Bouteflika victime de trahison de la part de ses collaborateurs …semble nous dire l’ex-éminence grise de son frère.
Ah la trahison ! Quel mot bizarre dans la configuration bouleversée de notre Histoire.
Dans l’immense brocante du «Qui a trahi et qui n’a pas trahi?», que d’eau a coulé sous les ponts de la félonie ! L’histoire de notre roman national pullule de traîtrise, de trahisons, de coups fourrés, de compromissions. Saïd Bouteflika s’essaye, en vain, aux ficelles du pathos inutile. Mon frère a été trahi…Ah la Trahison ! Souvent, le malheur du peuple fut à l’ombre de ce mot.
Les traîtrises et les trahisons…Vaste débat qui nous mène au début de notre Histoire contemporaine. Parlons-en. Qui a trahi Abane, Chabani, Khemisti ?
Abdelhamid Mehri, démocrate convaincu, fut l’objet d’un odieux « coup d’état scientifique ». Accusé de brader la souveraineté nationale en allant à Sant’ Egidio pour essayer de faire sortir le pays de l’impasse. Qu’a-t-il trahi ? Aït Ahmed item.
Bien avant eux, Ferhat Abbas fut voué aux gémonies. Et bien d’autres.
Saïd Bouteflika clamant que son frère a été trahi…La belle affaire ! Durant le règne de Boutef, toutes les institutions furent démantelées dans un mouvement d’une rapidité quasi phénoménologique. N’est-ce pas là, la pire des forfaitures, quand ce n’est pas une trahison, que de laisser un pays fonctionner sans institutions ?
Alors de grâce, parlons de tout. Sauf de trahison. Car il y’a un sentiment d’effraction de l’honneur de ceux qui furent réellement trahis… et un affront in memoriam aux martyrs de la Révolution.