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Visite du ministre français de l’intérieur en Algérie : un déplacement en préparation sur fond de tensions diplomatiques

Un nouveau rebondissement vient s’ajouter au feuilleton diplomatique autour de la visite annoncée du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en Algérie. Après avoir conditionné, il y a une dizaine de jours, son déplacement à la libération du journaliste Christophe Gleizes ainsi qu’à des avancées sur la reprise par Alger de ses ressortissants frappés d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), le ministre français s’est montré, ce lundi, plus conciliant.

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a affirmé que « cette visite est en cours de préparation », sans toutefois réitérer les préalables qu’il avait précédemment posés. Une inflexion de ton notable, dans un contexte marqué par une crise diplomatique persistante entre Paris et Alger.

Le ministre de l’Intérieur est également revenu sur l’accord franco-algérien de 1968, que la France souhaite renégocier et juge désormais « urgent » de revoir. Selon lui, cet accord n’est plus équilibré au regard des priorités françaises en matière migratoire.

« Le président de la République a annoncé que le président Tebboune était d’accord pour le renégocier. Il existe aujourd’hui un certain nombre d’avantages accordés, notamment pour l’immigration familiale, et un peu moins pour l’immigration économique. Or, nous voulons rééquilibrer, avec davantage d’immigration économique et moins d’immigration familiale », a-t-il expliqué.

Laurent Nuñez a précisé que sa visite en Algérie aurait pour objectif d’aborder « les questions de sécurité, les réadmissions, la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic ». Il a confirmé avoir été officiellement invité par son homologue algérien, Saïd Sayoud, saluant au passage la « reprise des échanges sécuritaires » entre les deux pays après plusieurs mois de gel total de la coopération.

Toutefois, le ministre français a reconnu que la coopération sur les OQTF n’a, elle, « pas encore repris », évoquant uniquement des « départs volontaires ».

Du côté algérien, la ligne reste ferme. Samedi, le président Abdelmadjid Tebboune a adressé un message sans équivoque à Paris, dénonçant toute tentative de pression ou de conditionnement.

« On ne fait pas de chantage à l’Algérie », a martelé le chef de l’État, ajoutant : « Celui qui veut ridiculiser ou humilier l’Algérie n’est pas encore né. »

Une déclaration qui s’inscrit dans la position constante d’Alger, laquelle rejette toute logique de diktat et affirme que la coopération bilatérale ne peut se faire que sur la base du respect mutuel et de la souveraineté nationale. Dans ce climat tendu, la visite de Laurent Nuñez, si elle se concrétise, s’annonce comme un test majeur pour l’avenir des relations algéro-françaises.

R.N

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