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Tunisie : Rached Ghannouchi condamné à une trés lourde peine de prison

La Cour d’appel de Tunis a décidé d’alourdir la peine de prison prononcée à l’encontre du président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, la faisant passer de 14 à 20 ans, dans ce qui est connu comme l’affaire dite du « complot 2 », a indiqué l’un de ses avocats de la défense, ce mardi.

Me Samir Dilou, membre du collectif de défense, a précisé que la juridiction d’appel « a condamné Rached Ghannouchi à vingt ans de prison, notamment pour des chefs d’accusation liés à la conspiration contre la sûreté intérieure de l’État », selon l’Agence France-Presse (AFP).

Rached Ghannouchi, âgé de 84 ans et incarcéré depuis 2023, fait l’objet de nombreuses autres poursuites judiciaires. La justice tunisienne a déjà prononcé à son encontre plusieurs lourdes peines d’emprisonnement. En juillet dernier, le tribunal de première instance avait condamné plusieurs figures de l’opposition politique, dont Ghannouchi, à des peines allant de 12 à 35 ans de prison.

Dans cette affaire, baptisée « dossier du complot contre la sûreté de l’État 2 », le tribunal de première instance avait condamné Ghannouchi à 14 ans de prison. Par ailleurs, la Cour d’appel a également condamné l’officier retraité Kamel Bedoui à 20 ans de prison, selon des médias locaux.

Cette affaire implique près d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles Nadia Akacha, ancienne directrice du cabinet du président Kaïs Saïed, ainsi que Rafik Abdessalem, gendre de Rached Ghannouchi et ancien ministre des Affaires étrangères.

Nadia Akacha et Rafik Abdessalem, actuellement en fuite et résidant à l’étranger, ont été condamnés par contumace en appel à 35 ans de prison, d’après des sources médiatiques. Ils font face à plusieurs chefs d’accusation, dont « complot contre la sûreté intérieure de l’État » et « constitution d’une organisation et d’une entente liées à des crimes terroristes ».

Dans un communiqué, le collectif de défense de Rached Ghannouchi a annoncé son refus de se pourvoir en cassation, affirmant sa « conviction profonde de l’absence de garanties d’un procès équitable » et estimant que les poursuites engagées relèvent de « dossiers politiques fabriqués ».

La défense a souligné que le procès s’est déroulé à distance et que Ghannouchi a refusé d’y participer, tant en première instance qu’en appel. Elle a également affirmé que « les jugements rendus ne reposent sur aucun acte matériel ni sur des preuves attestant de l’existence de cette prétendue conspiration ».

Des organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains alertent par ailleurs sur un recul des libertés civiles en Tunisie. Le président Kaïs Saïed est accusé de dérive autoritaire depuis sa décision de concentrer les pouvoirs entre ses mains, avant d’avoir modifié la Constitution en 2022 pour instaurer un régime présidentiel renforçant les prérogatives du chef de l’État au détriment du Parlement.

R.I

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