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Situation pandémique : l’exception algérienne

L’Algérie semble former une exception sanitaire depuis le début de la pandémie. En dépit de son faible taux de vaccination, le nombre d’infections et, surtout, de morts par Covid-19 demeure très bas au regard des statistiques officielles publiées chaque jour et comparativement aux pays voisins.

En deux ans de contaminations, le pays a enregistré, jusqu’à lundi, un total de 252 117 cas et 6 579 décès. Par comparaison, la Tunisie voisine qui ne compte que 12 millions d’âmes, soit quatre fois moins que l’Algérie, cumule près d’un million d’infections et 26 288 morts. Le Maroc qui est, pour sa part, peuplé de 38 millions d’habitants déclare plus d’un million de cas et 15 400 morts. L’Egypte, dont la population dépasse les 100 millions d’individus, en recense, quant à elle, 425 000 et 22 635 décès.

Au regard de ces chiffres, l’Algérie apparaît comme un cas particulier, à moins que les recensements ne reflètent pas la réalité, probablement, à cause d’une collecte approximative des données. En dehors de ce biais, aucune autre hypothèse, même celle de la robustesse des Algériens et leur immunité hors norme, ne peut expliquer les statistiques rachitiques de la pandémie enregistrées dans leur pays.

Quoi qu’il en soit, au milieu de la quatrième vague, le ministre de la Santé s’est déjà félicité de la stabilisation de la situation épidémiologique algérienne alors que, quelques jours plus tôt, on craignait une brusque flambée des contagions. Abderrahmane Benbouzid a même salué les efforts des directeurs de la santé des wilayas et “leur engagement à mettre en œuvre les différentes recommandations du ministère, notamment l’affectation de structures et de services de soins au Covid-19 à travers tous les établissements de santé”. Il a, d’autre part, mis en exergue “le maintien des spécialités vitales telles que la gynécologie-obstétrique, la réanimation, la chirurgie générale, les urgences et la pédiatrie, en plus de la mise à disposition en grandes quantités de tous les médicaments pour le traitement des malades Covid, notamment les anticoagulants”.

Il a, en parallèle, souligné la “nécessité d’intensifier” la vaccination qui constitue, selon lui, “le seul moyen d’endiguer la pandémie” et exhorté les wilayas faiblement immunisées à lancer des opérations de sensibilisation auprès de leurs populations pour qu’elles adhèrent à l’opération.   

Toutefois, les discours officiels ne semblent pas avoir un impact incitatif sur le public. Nombreux sont les citoyens qui restent, pour une raison ou pour une autre, réfractaires à s’injecter le sérum.

L’un d’eux a même été placé, hier, en détention préventive par le juge d’instruction près le Tribunal de Sidi M’hamed pour avoir mené une campagne antivax sur les réseaux sociaux. Répondant aux initiales Z. M. A., le prévenu est mis en cause dans une affaire liée à “la mauvaise utilisation des réseaux sociaux, à la publication de fake-news et à l’appel des citoyens au boycott du vaccin anti-covid”.

Le procureur de la République au même tribunal, Noureddine Tria, a indiqué que l’accusé a diffusé sur la plateforme Tik Tok des fake-news en pleine pandémie pour appeler les citoyens à refuser le vaccin, prétendant que celui-ci était nocif et pourrait même causer la mort. L’individu s’est présenté, selon la même source, sous l’identité d’un praticien, ce qui a contraint l’Ordre des médecins à réagir et à se constituer partie civile.

Il est maintenant poursuivi pour “publication de fake-news tendancieuses susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre publics, intervention illégale dans des fonctions publiques et civiles en usurpant l’identité de médecin outre la prise, en cachette, de photos et de vidéos pour les publier sur internet et sur les réseaux sociaux en vue de porter atteinte au métier de la santé et aux structures sanitaires, tous des faits punis par le Code pénal”.

Le chef de la brigade de lutte contre le terrorisme et l’incitation à la Sûreté d’Alger, le commissaire Sedik Hakim, a expliqué que cette affaire a été traitée “à travers le suivi des publications postées sur l’espace cybernétique et le suivi de l’activité de l’accusé qui s’est fait passer pour un employé du staff médical de l’hôpital Nafissa Hamoud d’Hussein Dey, ce qui lui a permis d’attirer près de 1,7 million de vues”. Selon les éléments de l’enquête, l’activiste a commis son délit, du 27 juillet au 18 août 2021, pendant qu’il assistait ses parents malades au même hôpital où il proposait également aux proches d’autres patients des services rémunérés de garde-malades.

C’est de là qu’il procédait, selon les autorités, “à l’enregistrement et à la publication de fausses informations en commentant la situation dans laquelle se trouve le service Covid-19 et appelle au boycott de l’opération de vaccination et à l’inefficacité du vaccin”.

Mohamed Badaoui

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