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Situation épidémiologique en Algérie : l’Etat pourrait recourir à des mesures plus strictes

Le nombre de contaminations au coronavirus en Algérie ne cesse d’augmenter depuis quelques jours. Le bilan enregistré, vendredi, se rapproche de 500 cas quotidiens. Encore que les chiffres annoncés par le ministère de la santé ne reflètent qu’une partie de la réalité. Selon le Pr Mohamed Belhoucine, membre du comité scientifique en charge de la lutte contre la propagation du covid-19, ces chiffres correspondent tout juste au nombre de tests PCR déclarés positifs. Or, ajoute la même source dans une interview à TSA, «il y avait probablement beaucoup de cas qui échappaient aux statistiques, soit parce que les gens ne faisaient pas de PCR, soit parce que les gens étaient vus dans le secteur privé et n’étaient pas comptabilisés.»

Selon l’organisation mondiale de la santé, la situation en Afrique est plus qu’inquiétante. Une nouvelle s’annonce extrêmement violente et risque de faire beaucoup de mal. Un pays comme la Tunisie franchi le nombre de 15 000 mille morts.

Tout compte fait, la situation épidémique dans notre pays connaît une accélération, qui reste, certes, dans des proportions «acceptables», mais qui risque d’échapper à tout contrôle.

Pour le Pr, Belhoucine, il y a urgence : «il y a individuellement urgence de se protéger et protéger les siens,» en portant le masque et en respectant la distanciation physique. «La deuxième urgence est de vacciner au maximum.»

Si les deux urgences ne sont pas respectées, les autorités seront amenées à prendre des mesures encore plus drastiques. Selon Benhooucine, ces mesures peuvent aller jusqu’au confinement.

«Si les services de santé sont débordés, comme ce fut le cas lors des premières flambées que nous avons connues en Algérie, il est possible qu’il faille recourir à des mesures de confinement pour limiter la mobilité humaine. Parce qu’on a très bien compris que quand on limitait la mobilité humaine, on limitait la transmissibilité du virus,» a indiqué le membre du comité scientifique.

Expliquant l’évolution de la situation, Belhoucine précise que le danger viendrait des nouveaux variants plus que de nouveaux cas, puisque le virus est là.

C’est ce qui explique, par exemple, les mesures que chaque pays décide concernant les départs et les arrivées sur son territoire. L’Algérie a choisi d’exiger des Tests PCR et 5 jours de confinement pour les arrivées, alors que d’autres, exigent des périodes plus longues ou plus courtes ou pas du tout.

Tranchant la polémique autour de ce sujet, Belhoucine explique : « Si vous voulez zéro risque, il faut arrêter les échanges entre les pays. Vous bloquez la mobilité interhumaine. C’est ce qu’a fait la Chine, c’est ce qu’a fait l’Algérie pendant des mois. Le résultat est là. Quand vous reprenez les échanges interhumains, vous consentez un risque de contamination. Vous minimisez ce risque en demandant une PCR simplement. Vous minimisez un peu plus ce risque si vous faites PCR et confinement. Vous le minimiserez encore beaucoup plus si vous faites PCR, confinement et PCR avant la levée du confinement.

Tout dépend d’où on veut mettre la barre du risque que nous consentons lorsque nous reprenons les échanges interhumains et la mobilité interhumaine.»

Abir Najri

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