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Restrictions de l’octroi de visa aux Algériens : l’opposition française monte au créneau

Le dossier des restrictions de l’octroi de visas de voyage aux ressortissants des pays du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc) pour entrer en France a donné lieu à une série d’interrogations des députés de l’Assemblée nationale française au gouvernement d’Emmanuel Macron.

Karim Ben Sheikh, député appartenant au bloc des Verts, a mis en garde, dans une question écrite adressée au ministre des Affaires étrangères, des conséquences négatives du maintien des restrictions imposées par les autorités françaises aux citoyens de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc dans le domaine de l’obtention de visas.

Le parlementaire s’est dit préoccupé par «les difficultés croissantes rencontrées par les citoyens des trois pays du Maghreb pour obtenir des autorisations d’entrée sur le territoire français, en application de la décision du précédent gouvernement dirigé par Jean Castix en septembre dernier (qui a réduit le nombre de visas de de moitié pour les Algériens et les Marocains et de 30 % pour les Tunisiens), pour contraindre les trois pays à reprendre leurs ressortissants en séjour irrégulier.

Le parlementaire a prévenu qu’«après dix mois, ces pressions n’ont pas résolu le problème, alors que de nombreux citoyens des trois pays continuent de souffrir de refus de visa sans motif sérieux, ce qui contredit le droit des demandeurs à procéder à un examen individuel et sérieux de leurs dossiers.”

Dans sa question, il a souligné que les travailleurs du corps diplomatique des trois pays subissent des traitements inappropriés qui surviennent dans un contexte politique régional particulièrement difficile, qualifiant ces pratiques de « véritable violation du lien de confiance avec les peuples de ces pays qui sont historiquement liés à la France », avertissant les décideurs français que les conséquences de ces pratiques seront néfastes pour les relations bilatérales de la France, demandant à terme une révision de cette « politique injuste, improductive et incohérente à bien des égards ».

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Dans ce contexte, le sénateur Hervé Gilley, dans une question écrite au ministre français de l’Intérieur et de l’Outre-mer, a qualifié de punition la décision de réduire le nombre de visas accordés aux ressortissants des trois pays, mettant en garde contre les conséquences de cette politique : «Cela entraînera un manque de compréhension et de la frustration chez les demandeurs étrangers pour obtenir un visa.

Gilly a déclaré que les demandeurs de visas privilégient désormais d’autres destinations que la France, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ou recourent aux services consulaires d’autres pays de l’espace Schengen, comme l’Espagne, la Belgique ou l’Italie, et que “le manque de lisibilité des procédures et de leurs contraintes contredit les efforts et les investissements consentis par l’Etat et les entreprises pour attirer les cadres, artistes, touristes et étudiants maghrébins.

Dans ce contexte, l’ancien président français, François Hollande a exprimé ses regrets face à la politique de son pays de réduire drastiquement les visas accordés aux citoyens du Maghreb, appelant à la relance d’un partenariat gagnant-gagnant avec cette région, dont il considère que la France a un destin commun avec elle, ce qui l’oblige, ainsi que l’Europe, à lui prêter attention et à prêter attention aux défis auxquels elle est confrontée, surtout à une époque aussi agitée au niveau international.

Dans un article d’opinion pour le journal Le Figaro dimanche dernier, François Hollande a déclaré : « Je regrette profondément la décision des autorités françaises de réduire drastiquement le nombre de visas accordés aux personnes étroitement associées à notre culture et à notre pays. Cette méthode nuit inutilement aux pays, sans être efficace dans le contrôle de l’immigration clandestine. »

François Hollande a affirmé le destin commun entre la France et les pays du Maghreb, qualifiant les liens entre son pays et les pays du Maghreb de “relations exceptionnelles” car elles contiennent un mélange d’histoire, de géographie et d’échanges divers résultant des flux migratoires qui “ont formé la France elle-même et lié nos sociétés loin de la langue.”

François Hollande a spécifié l’Algérie, notamment en ce qui concerne les questions énergétiques, louant le rôle joué par l’Algérie dans le domaine de l’énergie et « qui dans sa sagesse assure le bon approvisionnement du marché », louant les efforts du président algérien Abdelmadjid Tebboune à respecter les parties au Mali à travers l’accord algérien sur la paix et la réconciliation entre les parties en conflit.

François Hollande estime que « la France et l’Europe doivent comprendre qu’il s’agit désormais d’une politique méditerranéenne fondée sur des investissements mutuellement bénéfiques, sur des innovations écologiques, sur des partenariats multiples en matière de santé, de formation et de recherche, ainsi que sur la solidarité politique dans le respect des orientations de chaque parti ».

Mah. Be

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