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Relations algéro-chinoises : une amitié au long cours

Amies de très longue date, l’Algérie et la Chine se disent d’accord sur l’ensemble des questions internationales, y compris sur le conflit russo-ukrainien. La visite de Lamamra à Pékin a confirmé aussi l’excellence de leurs relations bilatérales.

C’est dans un contexte international particulier que le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra effectue une visite de trois jours en Chine pour discuter des sujets de l’heure, ceux plus anciens et renforcer les relations entre Alger et Pékin.

Le communiqué des AE qui rend compte des discussions entre le responsable algérien et le conseiller d’État, ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi foisonne, étonnement, de détails. Le texte semble jeter les bases, ou du moins les rénover, d’une véritable alliance sur l’essentiel des questions géopolitiques et en matière de coopération bilatérale. Les deux capitales veulent apparemment préparer leur opinion mais aussi leurs partenaires et leurs rivaux à un plus grand rapprochement qui dépasse de loin leur amitié traditionnelle.

La solidité de leurs liens et la convergence de leurs vues apparaît clairement à travers leur position vis-à-vis du dossier controversé de la guerre en Ukraine. Les deux gouvernements observent, certes, une neutralité sur ces événements mais affirment comprendre les motifs qui ont poussé Poutine dans une périlleuse opération militaire aux lendemains incertains. Pour régler ce litige, ils préconisent l’attachement aux «objectifs et principes de la Charte des Nations-Unies et au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États ». Ils ont cependant mis en avant le principe de «l’indivisibilité de la sécurité» tout en prenant en considération les «préoccupations sécuritaires réalistes des parties concernées», estime le communiqué du MAE.

Les deux parties ont, toutefois, critiqué «un mauvais usage des sanctions unilatérales qui ne sont pas fondées sur le droit international ». Ceci équivaut, à leurs yeux, à «la transgression des règles internationales» qui pourrait affecter «les conditions de vie des peuples». Algériens et Chinois ont appelé en parallèle à l’atténuation des «retombées humanitaires » de ce conflit et ont exprimé leur volonté de «fournir des efforts communs dans ce sens ».

Sur le plan de leur propre sécurité, les deux Etats se serrent mutuellement les coudes pour faire face à toute menace susceptible d’attenter à leur intégrité et leur stabilité. La partie algérienne a réaffirmé son attachement au principe d’«une seule Chine » à laquelle elle apporte également son soutien sur les thèmes des droits de l’homme, de Hongkong et de Xinjiang où vit la communauté musulmane Ouïghours, soulignant «la nécessité de veiller à éviter leur politisation ou utilisation comme moyen de pression dans les relations internationales». La Chine a, en retour, exprimé son soutien aux efforts de l’Algérie, visant à renforcer sa sécurité nationale et sa stabilité.

En matière de relations à long terme, le chef de la diplomatie algérienne et son homologue chinois ont mis en exergue «la profondeur historique» de leurs liens et ont exprimé la disposition des deux pays à développer leur «partenariat stratégique global» et à poursuivre réciproquement le soutien constant concernant les «questions fondamentales» de chacun d’eux.

Les deux administrations ont convenu de «renforcer l’harmonisation entre les stratégies de développement des deux pays de manière globale tout en approfondissant la coopération au service des deux peuples». Elles ont, en ce sens, annoncé avoir abouti à un consensus sur «le plan exécutif pour la concrétisation conjointe de l’initiative de la Ceinture et de la Route», qui sera signé «dans les plus brefs délais». Selon le MAE, cette démarche comporte des «avantages» et tend à «consacrer les valeurs de coopération dans le cadre de la solidarité et du partage des bénéfices et acquis». Le soutien de l’Algérie, qui compte parmi les premiers adhérents à «l’initiative de développement mondial», a été salué par la partie chinoise.

Pour rappel, «la nouvelle route de la soie» ou «la ceinture et la route» est à la fois un ensemble de liaisons maritimes et de voies ferroviaires entre la Chine et l’Europe passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. La stratégie comporte également une gigantesque politique de construction d’infrastructures portuaires, ferroviaires, terrestres dans le bassin méditerranéen.

Mourad Fergad

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