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Pour diversifier les recettes du pays : dégripper l’industrie pour relancer l’économie

L’industrie algérienne hors hydrocarbures participe à un niveau négligeable au PIB et aux exportations. Sa faible performance est liée à de nombreuses contraintes qui bloquent son essor ; notamment la bureaucratie et le manque de financement.

Des restrictions liées au manque d’aménagement des zones d’activité et au retard dans les travaux de raccordement aux réseaux d’électricité, de gaz et d’eau, empêche “grand nombre” de projets achevés d’entrer en phase d’exploitation, a regretté le ministre de l’Industrie Ahmed Zaghdar. D’autres projets demeurent toujours en suspens en raison du retard accusé dans d’obtention de certaines autorisations administratives.

Selon le ministre, il est nécessaire de prendre des mesures d’urgence pour relancer l’économie nationale, et ce à travers la dynamisation de l’investissement “en tant que principal moteur de l’économie nationale”. L’Algérie a, en effet, grandement besoin de diversifier ses recettes en améliorant son offre pour satisfaire les besoins intérieurs afin de réduire les importations et conquérir les marchés extérieurs pour booster les exportations.

Pour l’instant, l’industrie algérienne hors hydrocarbures contribue pour une part négligeable au produit intérieur brut et peine à imposer ses produits à l’étranger et augmenter ainsi le volume des exportations du pays.

La construction d’un modèle économique est, toutefois, à l’étude pour accroître la participation du secteur industriel dans la dynamique de développement. Celui-ci repose la valorisation des ressources naturelles transformées et le soutien à la production des marchandises destinées à la satisfaction des besoins croissants de la population.

La stratégie vise, d’abord, à examiner les mécanismes de la relance économique avec l’ensemble des acteurs du secteur (sociétés industrielles), les porteurs de projets (y compris les startups), les instances activant dans le marché des marchandises industrielles, les entreprises concernées par l’aide et l’encadrement dans le domaine industriel, les centres d’études ou de recherches orientées et les experts.

Il est prévu donc l’ouverture d’un grand dialogue entre les entreprises industrielles et les firmes des autres secteurs, tels que l’agriculture, les hydrocarbures, le commerce, les finances, l’innovation et la recherche scientifique. Le tout est de savoir comment améliorer l’environnement de l’investissement, régler la question du foncier et celle de la gouvernance des entreprises publiques. Il s’agit aussi de définir le rôle de l’Etat en tant que contributeur, l’intégration, la diversification et la promotion de la compétitivité. 

Comme on le voit bien, ces chantiers sont encore au stade de l’intention et de la réflexion. Sur le terrain, les entrepreneurs subissent obstacle après obstacle et éprouvent les plus grandes difficultés pour trouver des financements.

L’un d’eux, Nourredine Tayebi, a préféré s’adresser à des bailleurs de fonds américains pour développer sa start-up Yassir, l’équivalent national d’Uber, qu’il veut maintenant étendre à l’Afrique. Installé à aux Etats-Unis, l’ancien polytechnicien qui gère maintenant un business prospère et en plein expansion a réussi à lever la rondelette somme de 30 millions de dollars. Dans une récente interview au quotidien Liberté, Tayebi a affirmé “que ce n’était pas un processus simple”. Il dit avoir expliqué sa démarche et sa vision, pendant plus de six mois, à des centaines d’entreprises de capital-risque du monde entier. “Une fois que l’intérêt est là”, a-t-il indiqué “nous travaillons avec eux pendant quelques mois pour les convaincre et leur donner le temps d’élaborer leurs exigences. Je peux vous assurer que ce n’était pas une mince affaire. Cela demande une très bonne préparation et une information complète sur l’entreprise. En général, les investisseurs examinent trois éléments, et la première concerne le profil de l’équipe fondatrice. Après, ils doivent obtenir la valeur ajoutée de la proposition, et enfin, connaître la taille du marché potentiel”.

Toutefois, lorsque ces éléments sont fournis et le projet convainc, les finances suivent immédiatement. Sans un gros piston, une telle opération serait inconcevable en Algérie, du moins, pour l’instant. D’ailleurs, à une question du journal lui demandant s’il a obtenu des financements publics en Algérie, le patron de Yassir à répondu sèchement : “Non, jamais”. Il a ajouté : “Nous ne pensons pas que ce soit le rôle de l’Etat de financer des entreprises privées. Cependant, il est important que le gouvernement soutienne les “Tech-Champions” (les leaders en nouvelles technologies, ndlr) locaux en mettant en place une législation qui s’adapte aux besoins des entreprises révolutionnaires et les protège également de la concurrence déloyale. C’est ce qui a permis l’émergence de ce genre de start-up locales dans différents pays du monde comme en Chine, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine”.

Ces mots suffisent pour lancer une stratégie économique d’envergure, sans passer par des réunions, des assises et des consultations sans fin. Etudier un projet, évaluer son potentiel, mettre la main à la poche et lancer la production, voilà comment marchent les affaires dans les pays qui réussissent.

Mourad Fergad

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