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Niger : l’initiative algérienne du règlement de la crise

Le ministre algérien des affaires étrangères, Ahmed Attaf a dévoilé ce mardi lors d’une conférence de presse, l’initiative du président de la république, Abdelmadjid Tebboune, pour le règlement de la crise au Niger après le coup d’Etat du 29 juillet dernier.

L’initiative de décline en six axes :

Le premier est la consolidation du principe de l’illégalité des changements anticonstitutionnels, le deuxième est de fixer un délai de six mois pour parvenir à une solution politique garantissant le retour au système constitutionnel et démocratique au Niger à travers la reprise de l’action politique dans le cadre de l’État de droit. Le troisième axe de la médiation algérienne au Niger est lié aux « arrangements politiques de sortie de crise ».

« L’objectif de ce processus est de formuler des arrangements politiques avec la participation et l’approbation de toutes les parties au Niger sans exclusion, à condition que la durée de ces arrangements n’excède pas six mois, et qu’ils soient sous la supervision d’une autorité civile exercée par une figure consensuelle et acceptée par toutes les couches de la classe politique au Niger pour déboucher sur le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays », a détaillé Ahmed Attaf.

Le quatrième axe de cette médiation concerne les garanties. « L’approche politique proposée par l’Algérie dépendra des garanties adéquates à toutes les parties pour assurer la durabilité de la solution politique et son acceptation par tous les acteurs de la crise et du processus de son règlement »,  a-t-il dit.

Le cinquième axe de la médiation algérienne est « l’approche participative ». « Afin de contrôler ces arrangements politiques, l’Algérie engagera des contacts et des consultations intensifs avec toutes les parties concernées qui peuvent contribuer et aider à la résolution politique de la crise ou soutenir les efforts visant à y parvenir », a détaillé Ahmed Attaf.

Cette approche se fera dans trois directions : « en interne, avec toutes les parties concernées et actives au Niger, au niveau régional, avec les pays voisins et les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Nigeria en tant que président actuel du groupe, et au niveau international, avec des pays prêts à soutenir les efforts visant à trouver une sortie pacifique à la crise », a égrené Ahmed Attaf.

Le sixième et dernier axe est « l’organisation d’une conférence internationale sur le développement au Sahel ».

« L’Algérie s’efforcera d’organiser une conférence internationale sur le développement au Sahel dans le but d’encourager l’approche développement et de mobiliser les fonds nécessaires à la mise en œuvre des programmes de développement dans cette région qui a cruellement besoin d’infrastructures sociales et économiques, pour assurer la stabilité et la sécurité de manière durable», a expliqué Ahmed Attaf.

Ni changement anticonstitutionnel ni intervention militaire

La médiation algérienne traduit une position combinant «de manière sage et sobre, le rejet de deux choses : le rejet du changement anticonstitutionnel et le refus du recours à la force pour faire face à la crise qui en résulte». Ainsi a résumé, hier lors d’une conférence de presse, M. Ahmed Attaf, le ministre algérien des affaires étrangères, toute la problématique selon l’angle de vue de l’Algérie.

Le retour à la légalité constitutionnelle est possible de la façon la plus pacifique du monde à condition que tout le monde s’applique.

Ahmed Attaf a expliqué l’opposition ferme de l’Algérie à l’utilisation de la force pour résoudre la crise au Niger par deux raisons.

La première est liée aux « répercussions dangereuses, désastreuses et certaines qu’aura toute intervention militaire sur le Niger et l’ensemble de la région ». Ahmed Attaf a cité l’augmentation des flux migratoires, la hausse de l’activité terroriste et du crime organisé.

La seconde est que « l’utilisation de la force n’a aucune chance de réaliser les objectifs souhaités ».

Comme preuves de l’inefficacité des interventions militaires étrangères, Ahmed Attaf a cité les désastres libyen, syrien, somalien et irakien.

Attaf a révélé que l’Algérie n’était pas seule à soutenir une solution politique au Niger. Un consensus autour de cette solution s’est « construit et des pays amis au sein de la Cédéao et en dehors du continent africain », selon Ahmed Attaf.

Sur une question concernant la fermeture du ciel algérien aux avions militaires français, Attaf a répondu qu’étant contre l’intervention militaire, nous n’avons pas à ouvrir notre espace aérien.

Abir Najri

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