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L’espace vital de l’Algérie menacé : la poudrière au Sahel peut exploser à tout moment

Avec un Soudan à feu et à sang, une Libye qui renoue avec la violence, et un Niger qui traverse une profonde crise, la diplomatie algérienne tente d’éteindre ses feux avec une extrême prudence tout en rappelant qu’elle possède les moyens de se défendre en cas de besoin.

La diplomatie algérienne se débat comme jamais pour désamorcer les nombreux barils de poudre parsemés tout au long de ses frontières du sud et du sud-est. En fait toute la région du Sahel, du Mali jusqu’au Soudan, vit de sombres heures qui menacent ses peuples et l’intégrité physique de ses États.

Cette atmosphère délétère s’est encore détériorée avec les événements du Niger qui, trois semaines après le putsch militaire contre le président Mohamed Bazoum, commence à prendre la dimension d’une crise internationale d’envergure.

Ahmed Attaf a d’ailleurs été dépêché par le président Abdelmadjid Tebboune à Washington -qui s’intéresse apparemment de très près au dossier- pour discuter du sujet avec le Secrétaire d’Etat américain Antony Blinken.

L’Algérie s’est rapidement prononcée contre le coup mené par le patron de la garde présidentielle, Abdourrahmane Tiani et rapidement accepté par le haut commandement de l’armée. Elle a également réclamé le retour de l’ordre constitutionnel et la libération du président Bazoum.

Sauf qu’une réaction intempestive de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) mentionnant la possibilité d’une intervention militaire pour rétablir le chef d’État déchu a créé une angoisse sans précédent dans la région. D’autant plus que l’arrière-pensée des membres de l’organisation renferme aussi la tentation de punir les putschistes pour faire valeur d’exemple à de futurs prétendants au pouvoir par le renversement des ordres établis.

Alger a alors tout de suite prévenu qu’il s’opposait à toute intervention étrangère près de ses frontières et argué que ce type d’opérations ne servait qu’à compliquer la situation, donnant en exemple la Libye et la Syrie, entre autres.

Son appel a trouvé un écho favorable en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis et en Russie. Toutes ces puissances ont dit privilégier une issue diplomatique à la crise pour éviter qu’elle ne mette en danger la sécurité du Sahel de l’Afrique et même de l’Europe.

Hier, c’était au tour de l’Union africaine de prendre ses distances avec l’option militaire prônée par la Cédéao après une réunion houleuse qui a opposé faucons et colombes, sages et va-t-en-guerre. Les conséquences d’un conflit interafricain seraient, en effet, désastreuses non seulement pour le continent déjà défié par tant de problèmes, mais aussi sur l’Europe. Une telle éventualité favoriserait les activités terroristes, celles du crime organisé et les réseaux de trafic humain.

Dans le camp occidental, il n’y a pour l’instant que la France qui pousse vers une action armée au regard des retombées qu’elle aura à subir si elle perd sa présence au Niger après que son armée a été chassé du Mali, du Burkina Faso et de la République centrafricaine.

Toutefois, les temps ont changé dans cette zone jadis occupée par la France. De nombreux autres joueurs, à leur tête les Etats-Unis, la Chine et la Russie, veulent eux aussi y prendre pied, chacun pour une raison facile à analyser. Une guerre mondiale non déclarée est en cours entre ces nations fortes qui se toisent, se mesurent, et avancent leurs pions sur l’échiquier aux rythme des feux qui s’allument ici et là.   

Le cas de l’Algérie est, évidemment, différent puisque le Sahel constitue sa profondeur stratégique, pour ne pas dire son espace vital, où le moindre trouble affecte sa propre sécurité. C’est donc avec une extrême prudence qu’elle gère l’instabilité à ses frontières tout en rappelant qu’elle a aussi les moyens humains et matériels ainsi que la préparation pour défendre son intégrité et ses intérêts.

Mohamed Badaoui

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