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Les Verts s’étaient faits éliminés de la CAN : les raisons d’un naufrage

C’est l’humiliation de trop. Les Algériens se sont levés aujourd’hui avec la gueule de bois, après l’élimination déroutante et peu honorable, mardi soir, de l’Equipe nationale de football de la CAN 2023 en s’inclinant devant la Mauritanie. La désillusion a été brutale et à la mesure des grands espoirs placés en les camarades de Riyad Mahrez .

Les inconditionnels des Fennecs étaient restés incrédules devant cette incapacité totale des Fennecs à l’emporter devant des petits poucets du continent comme l’Angola et la Mauritanie, voire même devant le Burkina Faso qui, certes,  renferme de bons éléments. Ils ne s’expliquent pas le fait que leur équipe, dont la plupart des joueurs évoluent dans les grands championnat européens,  n’a  pas réussi à niveler le score durant plus d’une heure après avoir encaissé un but, non pas face un quador du continent comme le Sénégal, le Maroc ou encore le Nigéria mais une modeste équipe de la Mauritanie qui n’a jamais gagné un match en coupe d’Afrique !

Mais ce qui leur a fait le plus mal est que leur équipe nationale est sans âme ni ressort. Les joueurs n’avaient pas cette grinta qui, jusqu’ici, était leur point fort. Les camarades de Mandi ont totalement sombré dès qu’ils ont encaissé le but assassin. Comment expliquer ce naufrage invraisemblable de l’un des favoris de l’actuelle CAN? Les conditions climatiques ? Certainement pas et le coach national est le premier à le dire.

C’est que l’effet Belmadi n’opère plus depuis 2019. Il n’a pas su, depuis, remobiliser son équipe en lui insufflant une nouvelle âme même s’il lui arrivait de gagner des matchs avec de larges scores. Dans les tournois fermés comme ces deux dernières CAN, la victoire n’a jamais été au rendez-vous. Quelque peu grisé par sa réalisation historique en terre égyptienne en 2019, le sélectionneur national n’a daigné, depuis, se remettre en cause même après avoir raté la CAN 2021 et surtout la qualification pour la coupe du Monde au Qatar.

Plutôt que de se concentrer sur les raisons de la faiblesse de son équipe, à élever son jeu dans les grands tournois, il s’est mis à guerroyer avec les journalistes et les consultants de télévisions qui osaient parfois critiquer ses choix. Resté hermétique à toute critique, il a préféré mourir avec ses idées. Résultats des courses : après la déroute de Japoma au Cameroun lors de la CAN 2021 où ses protégés s’étaient fait éliminés dès le premier tour sans gagner le moindre match, les Verts ont connu un autre  naufrage, à Bouaké cette fois-ci, en se faisant éjecter  de la compétition dès la phase des groupes et sans réaliser, là encore, la moindre victoire.  Dans l’intervalle, la bande à Belmadi a raté piteusement la Coupe du monde de 2022 en se faisant coiffer au poteau par une équipe du Cameroun peu flamboyante. 

Aujourd’hui, le départ de Belmadi est plus qu’une nécessité pour permettre à la sélection nationale de connaître un nouveau départ. Au vrai, le natif de Champigny aurait dû suivre l’exemple du défunt Abdelhamid Kermali (il avait remis le tablier après le cuisant échec de Ziguinchor au Sénégal en 1992 alors que deux ans auparavant il avait gagné le premier trophée continental de l’histoire du football national)  quitter le navire dès sa CAN ratée du Cameroun. Malheureusement pour lui, il a refusé de se retirer avec les honneurs en faisant humilier pour la troisième fois en moins de trois ans, avec, à la clé, une sortie par la petite porte. Question : Belmadi doit-il assumer à lui seul les pots cassés ? S’il a une part de responsabilité dans les échecs post-2019, ceux qui l’ont maintenu, contre vents et marées, alors que les appels à un changement à la tête de la barre technique s’étaient multipliés depuis, y sont pour beaucoup. 

Ceci dit, il ne faut pas sombrer dans les règlements de compte ni se montrer ingrat envers un coach qui a gagné la coupe d’Afrique à l’extérieur du pays. Aujourd’hui, les responsables du football national doivent passer à autre chose, sans renier le travail qui a été fait jusqu’ici. Ils ont assez de temps (les éliminatoires pour la coupe du monde 2026 débuteront en juin prochain)  pour  trouver un nouveau sélectionneur compétent à même de remettre sur le chemin de la victoire les Verts. Ils doivent aussi se pencher sérieusement sur  la situation du championnat national qui n’arrive plus à alimenter la sélection nationale en  joueurs de grande qualité, comme les Assad, Belloumi et Madjer dans les années 80,  et, surtout,  investir dans la formation. L’équipe nationale composée majoritairement de binationaux ne doit plus être l’arbre qui cache la forêt.  

Ali.C

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