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Le PAID : solution ou source de démotivation ?

Il suffit d’ajouter le préfixe « ré » pour charger le mot insertion d’un contenu péjoratif. C’est pourtant ce terme qui définit, officiellement, un jeune demandeur d’emploi auquel l’Etat finance l’embauche  pour l’occuper. Le fait que le Dispositif de l’aide à l’insertion professionnel (PAID) prenne en charge les émoluments de ceux qui aspirent à trouver leur premier emploi, paraît à première vue une solution utile à toutes les partie. L’Etat réduit ainsi le nombre de ses chômeurs, l’employeur dispose d’une main-d’œuvre à bas coût et le chômeur casse le cercle infernal de l’oisiveté.

Une telle approche, adaptée de programmes sociaux en cours dans des pays développés tels que le Canada et certains pays scandinaves, valorise-t-elle vraiment le travail ? Un jeune « inséré », disons plutôt assisté, profitera-t-il de cette mise du pied à l’étrier pour avancer dans sa carrière et donner libre court à son potentiel ?

En l’absence d’études sur le sujet, il est difficile d’affirmer que le PAID est un tapis roulant vers les success stories.  Toutefois, si on analyse le programme uniquement par la lorgnette des salaires versés, il paraît improbable qu’un jeune soit motivé au point de se surpasser. Les plus nantis, ceux qui se retrouvent au chômage après un cursus universitaire perçoivent 15 000 dinars par mois. C’est bon pour la poche mais, symboliquement, il s’agit d’une rétribution presque insultante à l’effort fourni par un jeune qui aura passé sa vie à étudier. Celui qui ne dispose d’aucune formation ou de qualification se contentera pour sa part de 4 000 dinars par mois, le prix d’une paire de chaussures de bas de gamme.

Le travail, l’effort, la créativité, l’énergie et la volonté de réussir sont déjà mise à mal par un défaitisme généralisé. Le misérabilisme des programmes de démarrage de vie offerts à la jeunesse algérienne sont loin de pouvoir susciter en elle l’enthousiasme et l’engagement.

C’est une des raisons qui expliquent le poids de l’informel mais aussi le désir de s’exiler, par tout moyen, à l’étranger. M. B

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