Dans un revirement notable du ton employé par l’Allemagne à l’égard d’Israël, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann David Wadephul, a déclaré ce mardi que son pays ne manifesterait pas sa solidarité avec Israël « par obligation ». Il a souligné que la situation actuelle « nous oblige à réfléchir sérieusement à toute nouvelle mesure à prendre », en référence à la guerre en cours menée par Israël dans la bande de Gaza.
Le ministre a ajouté qu’il s’entretiendrait prochainement avec son homologue israélien, qualifiant la situation d’« insupportable », un terme qui reflète le malaise croissant au sein des cercles politiques allemands face au comportement israélien dans la région.
Les déclarations du ministre des Affaires étrangères interviennent alors que le débat s’intensifie à Berlin sur la position à adopter face à la campagne militaire israélienne, notamment après les propos sans précédent du chancelier allemand Friedrich Merz, qui a estimé que les récentes attaques israéliennes sur Gaza « causent des pertes humaines massives parmi les civils et ne peuvent plus être justifiées comme une guerre contre le terrorisme du Hamas ».
Dans une interview accordée à la chaîne allemande WDR, Merz a déclaré : « Infliger autant de souffrances aux civils, comme c’est de plus en plus le cas ces derniers jours, ne peut plus être justifié comme une guerre contre le terrorisme du Hamas ».
Bien qu’il ait exprimé des réserves pour des « raisons historiques » liées à l’Holocauste et à l’ère nazie, Merz a souligné que le franchissement de lignes rouges et la violation du droit international humanitaire imposent au chancelier allemand « de s’exprimer publiquement ».
Dans un message clair adressé au gouvernement israélien, Merz a ajouté : « Le gouvernement israélien ne doit rien faire que ses amis les plus proches ne soient plus disposés à accepter », tout en réaffirmant sa volonté que l’Allemagne demeure « le partenaire le plus important d’Israël en Europe».
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